Abris anti-nucléaires

20 mars 2011 10:49; Act: 21.03.2011 08:50 Print

Seul un abri sur deux est opérationnel

La Suisse dispose de plus d’abris anti-nucléaires que d’habitants. En cas d’alerte, seul un abri sur deux serait à même de protéger ses occupants, selon les experts.

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De nombreux abris anti-atomiques ne disposent pas des installations de ventilation nécessaires pour assurer la qualité de l'air à l'intérieur de l'abri. (Photo: Keystone)

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Franco Giori, vice-président de la Fédération suisse de protection civile, ne mâche pas ses mots. Si la population suisse devait utiliser tout de suite les abris anti-nucléaires, un abri sur deux ne pourrait être utilisé. «Vu l’utilisation que l’on fait souvent de ces locaux, il serait impossible de les restituer à leur fonction première en l’espace de vingt-quatre heures», déclare-t-il à «Der Sonntag». En clair, cela signifie qu’en cas d’alerte atomique, des millions de personnes en Suisse ne disposeraient pas à temps de la protection d’abris opérationnels.

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Mais ce n’est pas seulement la question de l’encombrement des abris qui préoccupe Franco Giori. Il a en va aussi de leur équipement technique. Certaines installations sont vétustes, les portes blindées ferment mal ou plus du tout et les systèmes d’aération et de ventilation sont souvent défectueux. En cas d’un accident nucléaire, de nombreux abris ne seraient même pas équipés d’un système adéquat de filtrage de l’air qui permet aux occupants d’un abri de respirer de l’air extérieur. Franco Giori affirme même «qu’en cas d’une urgence à court terme, 10% de tous les abris suisses seraient tout simplement inutilisables. Ce pourcentage pourrait même être plus élevé», précise-t-il.

Pour Pascal Aebischer de l’Office fédéral de la protection de la population l’utilité d’abris bien équipés ne fait aucun doute. Lors du passage d’un nuage radioactif, il est recommandé de se réfugier même temporairement dans un abri, selon cet expert. «Dans un abri bien équipé, on jouit d’une protection cinquante à cent fois supérieure qu’ à l’air libre», estime –t-il.

(rga)