TESTS SUR ANIMAUX

04 novembre 2011 09:55; Act: 04.11.2011 11:14 Print

Six chiens morts lors d'essais en laboratoire

Des médecins critiquent l'utilisation d'animaux comme cobaye et dénoncent des tests sur des Beagles. Les chercheurs et le service vétérinaire cantonal zurichois justifient des essais qui ont conduit à la mort de six toutous.

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Doit-on rendre malade des Beagles sains afin de pouvoir ensuite soigner des animaux malades? (Photo: Keystone/AP)

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Six chiens de la race Beagle ont été sacrifiés lors de tests à l'hôpital vétérinaire de Zurich selon l'association «Médecins pour la protection des animaux en médecine». L'organisation suit de près les essais cliniques effectués sur des animaux et publie régulièrement des articles à ce sujet sur son site internet (en allemand). Cette fois, l'association critique une série de tests effectués à l'institut de parasitologie de l'hôpital vétérinaire de Zurich. Des chiens y ont été infectés par un ver pulmonaire afin de déterminer avec précision les signes et symptômes de cette maladie.

Un parasite mortel

Une batterie de tests a permis aux chercheurs de mettre au point un diagnostique d'après des tests sanguins et d'évaluer des thérapies. Ces parasites du poumon provoquent chez les chiens des problèmes respiratoires pouvant être fatals.

«Ethiquement indéfendable»

Pour Markus Deutsch, médecin à Hinwil et membre du comité de l'association «Médecins pour la protection des animaux en médecine», ces essais cliniques sur animaux étaient inutiles et certainement pas «essentiels» comme exigé par la loi sur la protection des animaux. Car l'étude aurait pu être menée en prenant des chiens infectés naturellement. «Ces essais sont donc éthiquement indéfendables. Et nous espérons qu'à l'avenir de tels tests ne soient plus autorisés». poursuit Markus Deutsch dans le «Tages Anzeiger».

«Une étude qui pourra sauver des centaines de chiens»

Peter Deplazes, directeur de l'institut de parasitologie zurichois est d'un avis diamétralement opposé. «Nous n'aurions pas pu arriver à des conclusions identiques avec des chiens infectés naturellement.» D'une part, la maladie n'est pas très répandue en Suisse. D'autre part, il aurait été impossible de déterminer avec précision à quel moment les animaux ont été infectés. Le vétérinaire ajoute que les Beagles ont été placés dans des chenils et pas uniquement dans des cages d'expérimentation. De plus, les animaux ont été contrôlés par des spécialistes. Enfin, grâce à cette étude, un médicament est maintenant disponible et le dosage de ce dernier est précis. «Des centaines de chiens pourront à l'avenir être sauvé du ver du poumon partout en Europe» ajoute le praticien.
Par ailleurs ces essais ont reçu le feu vert de l'office vétérinaire cantonale ainsi que de la commission sur les essais sur animaux.

(jbm)