Luxembourg

09 juin 2011 08:55; Act: 09.06.2011 22:23 Print

Sommaruga au Comité mixte Schengen

Simonetta Sommaruga était jeudi au Luxembourg pour discuter de Schengen. La conseillère fédérale a soutenu une adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen.

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L'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen ont été l'un des thèmes abordés ce jeudi par le Comité mixte Schengen à Luxembourg. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga y a discuté aussi de la libéralisation des visas avec les ministres de l'intérieur de l'UE.

La Roumanie et la Bulgarie restent à l'extérieur de l'espace Schengen.
Les ministres de l'intérieur de l'UE reconsidéreront une éventuelle entrée en septembre. La Suisse soutient sur le fond une adhésion des deux pays à Schengen, a indiqué Simonetta Sommaruga.

Les deux plus jeunes membres de l'Union européenne (UE) ont été félicités jeudi à Luxembourg pour les progrès accomplis jusqu'ici. Les 25 Etats parties à l'accord de Schengen, y compris la Suisse, la Norvège et l'Islande, ont attesté qu'ils remplissent tous les critères techniques pour en devenir des membres à part entière.

Quelques Etats, dont l'Allemagne, la France et les Pays-Bas ne font toutefois pas suffisamment confiance à leur capacité de lutte contre la corruption. Selon eux, cette faiblesse mine l'aptitude de la Roumanie et de la Bulgarie à lutter contre le crime organisé et à assurer un réel contrôle de leurs frontières contre l'immigration illégale et les trafics.

Adhésion en deux temps

Une adhésion en deux temps se dessine, mais sous conditions, a annoncé le ministre français Claude Guéant. «Une première étape serait à l'automne (2011) avec une ouverture des frontières aériennes en présence d'officiers de police d'autres Etats», a-t-il précisé. «La Roumanie et la Bulgarie sont d'accord», a-t-il assuré.

«La seconde étape interviendrait plus tard, en 2012, avec l'ouverture des frontières terrestres, là encore avec l'aide de garde-frontières d'autres pays de l'UE», a ajouté le ministre français.

«Mais ce ne sera possible que si tout va bien, si nous avons reçu les assurances que nous attendons sur l'efficacité des mesures de lutte contre la corruption», a-t-il averti. Les ministres de l'intérieur se pencheront à nouveau sur la question en septembre.

La Suisse est en principe en faveur de l'adhésion des deux Etats, a indiqué la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui a participé à la réunion du comité mixte sur Schengen. Elle ne s'opposerait en outre pas à une entrée par étapes dans l'espace.

Maintenir la crédibilité du système

Il s'agit de maintenir la crédibilité du système Schengen, a également dit Mme Sommaruga. Un renforcement de Frontex (l'agence chargée des frontières extérieures de l'UE) en fait partie.

«Il est important qu'il n'y ait pas de pression pour participer à Frontex», a estimé la ministre suisse. Une meilleure planification est toutefois nécessaire et les Etats doivent tenir parole, a-t-elle ajouté.

Cette position est partagée par la commissaire européenne en charge des questions d'asile et d'immigration, Cecilia Malmström. Il faut que les Etats s'exécutent une fois qu'ils ont accepté de participer à une mission. Les pays membres de Schengen «attendent des miracles de Frontex, mais l'agence a besoin pour cela de ressources et de matériel», a-t-elle relevé.

Avant que le renforcement de Frontex devienne une réalité, le Conseil, la Commission et le parlement européen doivent encore s'accorder sur quelques points. En tant que pays non membres de l'Union européenne, la Suisse et la Norvège ne souhaitent pas voir le mot UE apparaître dans le nouveau nom du pool de Frontex.

Visas

En relation avec la libéralisation des visas, les Etats Schengen ont discuté du mécanisme de surveillance introduit suite à l'exemption de visa pour plusieurs pays des Balkans.

Les premiers problèmes à cet égard ont surgi fin 2009, quand de nombreux ressortissants de Serbie, de Macédoine et du Monténégro se sont mis à déposer des demandes d'asile dans des Etats de l'espace Schengen avant de disparaître dans la clandestinité.

Mme Malmström avait proposé à cet égard en mai une «clause de protection», qui rendrait possible une réintroduction temporaire de l'obligation du visa comme «ultima ratio». Simonetta Simmaruga a salué cette proposition. La Suisse est en effet également confrontée à une augmentation des demandes d'asile en provenance de ces pays.

La Suisse remplirait les conditions pour l'application de la clause, en particulier en ce qui concerne la Macédoine, a relevé la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP). Alors que 94 ressortissants de ce pays ont déposé des demandes d'asile entre juin et novembre 2010, ils ont été 532 entre décembre 2010 et mai 2011. Moins de 3% ont été admis comme réfugiés.

(ats)