Zurich

15 mai 2012 09:08; Act: 15.05.2012 11:15 Print

Speed hating: quand l'insulte remplace le flirt

par Olivia Fuchs - Après le speed dating, cette nouvelle tendance fait son apparition en Suisse. Le but est de se rencontrer pour s'insulter. Une bonne idée pour évacuer les tensions, selon les psychologues.

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Déversez-votre haine sur votre interlocuteur au cours d'une soirée speed hating. (Photo: capture d'écran/youtube)

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La première soirée speed hating de Suisse aura lieu le 23 mai au Kunsthaus de Zurich. Les participants auront l'occasion de déverser toute leur haine sur leurs interlocuteurs. Techniquement, c'est le même principe qu'avec le speed dating. «Une vingtaine de personnes se côtoieront en tête-à-tête pendant sept minutes environ», explique l'organisateur de cette manifestation, Oliver Münchow.

Seule différence avec le speed dating: au lieu de s'échanger des mots doux, les participants se bagarreront. «Le concept vient de Londres», précise Münchow. Pour s'assurer que les personnes auront assez de raisons de s'insulter, l'organisateur a eu une idée «astucieuse»: «Nous servons beaucoup de boissons, des pains à l'ail et au pavot. Les petites graines de ce dernier resteront sûrement collées aux dents des gens.» Et si les bagarreurs ne savent vraiment pas quel sujet aborder, un petit récipient contenant des thèmes à dispute est mis à leur disposition, écrit mardi «20 Minuten».

Le psychologue Erhard Grieder pense que cette nouvelle tendance pourrait bien avoir des vertus bienfaisantes: «Nous refoulons souvent nos sentiments et nous nous efforçons d'être sages et bien éduqués. Mais il est absolument nécessaire d'évacuer ses tensions.» Grieder précise néanmoins que l'ambiance pourrait rapidement basculer: «Si une personne aborde des choses qu'elle a refoulées pendant des années, la situation pourrait devenir incontrôlable. Les organisateurs doivent être préparés à cela.»

Oliver Münchow n'a pas pour autant engagé d’agents de sécurité. «Les disputes doivent rester verbales et à un certain niveau, sinon nous allons intervenir», a-t-il ajouté.