Berne

10 mars 2011 23:43; Act: 13.03.2011 15:31 Print

Sus à une société qui interdit tout

La socialiste Jacqueline Fehr exige du Conseil fédéral qu’il mette enfin un frein aux lois qui interdisent tout et n’importe quoi aux jeunes.

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Pour Jacqueline Fehr, la société moderne étouffe la jeunesse avec des lois et des réglementations excessives. (Photo: Keystone)

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Obligation du port du casque, ciculation en trottinette sur les trottoirs, interdiction de certains jeux vidéos: la vie quotidienne des jeunes Suisses est de plus en plus régie par des lois et des règlements. Dernier exemple de cette manie: selon un projet de loi actuellement en consultation, les enfants âgés de moins de sept ans devront être accompagnés de leurs parents lorsqu’ils emprunteront leurs bicyclettes ou trottinettes.

Jacqueline Fehr, la conseillère nationale socialiste zurichoise, exige maintenant que le Conseil fédéral mette un frein à cette profusion de lois et règlements interdisant tout et n’importe quoi: «Notre société a tendance à ériger les jeunes en problème. C’est la raison pour laquelle nous leur interdisons de plus en plus de choses que les adultes pratiquent d’ailleurs sans vergogne. C’est hypocrite», commente-t-elle. Au lieu d’accorder aux jeunes une certaine marge de liberté, on aurait tendance à les formater à l’aide de programmes pédagogiques, au lieu de les laisser respirer à leur guise. Conséquence: l’Etat perd de sa crédibilité et les jeunes refusent de plus en plus souvent ses lois.

Pour mettre un frein à cette fâcheuse tendance, Jacqueline Fehr déposera un postulat, cette semaine, dans lequel elle exige du Conseil fédéral qu’il mette un frein à ce qu’elle appelle «la société de l’interdit». Elle encourage l’exécutif fédéral à examiner des alternatives aux interdictions, à chercher le dialogue avec les jeunes et à les inclure dans le processus législatif.

Il n’y a pas que la gauche qui soutient l’initiative de Jacqueline Fehr. L’UDC y adhère partiellement. L’UDC Andrea Geissbühler déclare aussi «en avoir assez de toutes ces lois et interdictions». Elle ajoute cependant que certains interdits sont parfaitement justifiés, comme l’interdiction de vendre de l’alcool aux jeunes dans les gares à partir d’une certaine heure, par exemple.

(rga)