Trafic aérien

09 juillet 2014 15:39; Act: 09.07.2014 18:22 Print

Swiss se retire de Bâle-Mulhouse

La compagnie aérienne, propriété de Lufthansa, ne desservira plus l'aéroport binational. La compagnie à bas prix Eurowings volera à sa place.

Une faute?

Le changement est prévu pour début 2015. Deux à quatre A320 devraient stationner à l'aéroport binational. L'idée est de concurrencer la compagnie britannique easyJet, dominante sur le tarmac bâlois. Le nouveau directeur de Lufthansa Carsten Spohr a justifié cette décision par une pression croissante sur les prix.

Le concept introduit dans un premier temps en Allemagne avec Germanwings est appelé à s'étendre à toute l'Europe, pour devenir «une famille Wings». Et Bâle en est la première étape. A terme, la flotte d'Eurowings devrait comprendre jusqu'à 23 Airbus A320, a indiqué M. Spohr devant la presse réunie à Francfort.

Le premier vol hors Allemagne de la filiale low-cost est prévu au printemps 2015. Swiss concentrera ses activités à Zurich et Genève, où elle a lancé l'an dernier sa propre stratégie à bas coût, ajoute-t-il.

Offre élargie

L'opération ne devrait pas engendrer de suppressions de postes grâce à des solutions à l'intérieur du groupe, a précisé une porte-parole de Lufthansa. L'offre devrait même y être élargie. Le siège bâlois de la compagnie, autrefois occupé par Crossair, n'est pas affecté par la mesure. Actuellement, Swiss dessert onze destinations depuis Bâle et y emploie quelque 300 collaborateurs.

La part de Swiss dans le trafic des passagers à l'Euroairport a atteint entre 4% et 5% en 2013, contre près de 54% pour easyJet. La décision de Lufthansa est donc juste et importante sur le plan stratégique, a concédé le directeur de l'aéroport Jürg Rämi. Même si, sur le plan émotionnel, il regrette de ne plus voir le nom «Swiss» sur ses tableaux d'affichage.

M. Rämi compte sur une extension de l'offre d'Eurowings. Tout comme sur la mise en service d'avions plus efficients et silencieux. Les deux «Jumbolino» de Swiss sont parmi les plus anciens appareils stationnés sur le tarmac bâlois.

Des long-courriers à bas coût

Lufthansa doit faire face non seulement à la concurrence des compagnies low-cost mais aussi à celle des compagnies du Golfe ou encore de Turkish Airlines. Pour ses long-courriers, le numéro un européen envisage des collaborations avec des compagnies américaines et asiatiques. La semaine dernière, Lufthansa a conclu un partenariat avec Air China.

La compagnie allemande envisage également d'étendre son offre low-cost aux long-courriers, dès fin 2015. Peut-être par le biais de partenariats. Des discussions sont en cours avec Turkish Airlines., a indiqué M. Spohr. Les sociétés «Wings» seront sans doute réunies en une holding.

Lufthansa veut aussi développer son offre haut de gamme. Swiss a récemment annoncé son intention de faire de même.

(ats)