Lausanne

04 juillet 2018 15:02; Act: 04.07.2018 17:53 Print

Tamedia: la grève maintenue jusqu'à jeudi

Les journalistes romands du groupe zurichois ont décidé de poursuivre leur mouvement, protestant contre les licenciements annoncés.

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Les journalistes en grève de Tamedia ont décidé mercredi de poursuivre leur mouvement. Une séance de conciliation devrait avoir lieu jeudi à la première heure.

A l'issue de leur assemblée générale, les journalistes ont décidé de maintenir la pression, a appris Keystone-ATS. Entamée mardi à 16h00, la grève se poursuit. «On attend de voir ce qui va sortir de cette réunion jeudi matin», a indiqué un gréviste.

«On n'a jamais vu ça»

Plus de 200 personnes ont manifesté mercredi à Lausanne pour soutenir la grève à Tamedia et dénoncer les menaces de l'éditeur. «Tamedia tue vos médias», «Tamedia, l'enfer aux quotidiens»: les slogans et les revendications ont fusé.

«On n'a jamais vu ça ou presque, c'est historique», a lancé Karim Di Matteo devant l'entrée principale de la gare de Lausanne. Journaliste à 24 heures, il a souligné que la détermination des journalistes en grève depuis mardi 16h00 était «farouche».

Journaux maigrelets

«Nous sommes unis, mais nous n'en pouvons plus de ne pas être entendus» par la direction de Tamedia. «Les journaux sont maigrelets aujourd'hui et nous en sommes fiers. Que Tamedia nous entende», a-t-il crié, sous les applaudissements et les sifflets des manifestants.

Secrétaire syndicale chez syndicom, Patricia Alcaraz, a salué le courage des grévistes et appelé à «s'opposer à la logique financière, à la menace, au mépris et à la destruction des emplois. Les décisions de Tamedia sont scandaleuses», a-t-elle affirmé.

Sauvez la presse

Les manifestants ont ensuite quitté la gare pour se rendre devant la Tour Edipresse en scandant: «Sauvez la presse.» «Il y a d'autres solutions. Et s'il y a un éditeur qui peut se permettre de les essayer, c'est Tamedia qui a dégagé des millions de francs de bénéfice», a relevé la journaliste Flavienne Wahli Di Matteo.

Parmi les quelques responsables politiques présents, la conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD) a prôné les vertus du dialogue. Rompre le dialogue comme l'a fait Tamedia, «c'est inacceptable». Les journalistes ont ensuite regagné leur salle au centre-ville où ils débattent et doivent décider de la suite.

La Ville de Genève hausse le ton

Le Conseil administratif de la Ville de Genève s'est inquiété, mercredi, du conflit social qui a éclaté au sein des titres de Tamedia en Suisse romande. L'exécutif municipal a dit attendre une autre attitude de la part du groupe zurichois.

Il souhaite que toutes les options puissent être étudiées pour éviter la disparition de la version papier du Matin. Selon le Conseil administratif, les décisions du groupe Tamedia menacent directement la diversité de la presse et le maintien des emplois en Suisse romande.

L'exécutif de la Ville de Genève a estimé «urgent» qu'un débat ouvert, ambitieux et créatif puisse avoir lieu sur l'avenir des médias. Il a rappelé son attachement à la pluralité de la presse et au maintien de la qualité de l'information. Cette dernière demeure essentielle au bon fonctionnement du système démocratique.

Soutien des syndicats genevois

La Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) a apporté mercredi son «soutien total» à la grève entamée au sein des titres de Tamedia, en Suisse romande. Elle a salué un combat «juste et salutaire» pour défendre les emplois et la diversité de la presse.

«Une presse diversifiée et riche de contenu est essentielle à la démocratie», a souligné la CGAS. L'association faîtière des syndicats genevois a également dénoncé les méthodes de Tamedia, qui a procédé à des licenciements en pleine procédure de conciliation et qui, aujourd'hui, menace les grévistes de licenciement.

(nxp/ats)