Grands prédateurs

08 mai 2012 12:46; Act: 08.05.2012 14:58 Print

Trêve dans les alpages

Les associations ChasseSuisse et Pro Natura, la Fédération suisse d'élevage ovin et le WWF sont parvenus mardi à trouver un compromis sur la politique à mener par rapport aux loups, lynx et autres ours.

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Pro Natura, le WWF Suisse, les chasseurs et les éleveurs enterrent la hache de guerre. Les retours du loup, du lynx et de l'ours en Suisse étaient source de conflit depuis plusieurs années. Les quatre organisations ont présenté mardi une convention commune sur la politique des grands prédateurs.

«Nous aurions pu continuer à nous disputer, mais ça ne nous menait nulle part», a expliqué Kurt Eichenberger du WWF Suisse lors d'une conférence de presse à Berne. Face à cette situation de blocage, le WWF, Pro Natura, la Fédération suisse d'élevage ovin et ChasseSuisse se sont mis à la table des négociations en 2010.

Les discussions, longues et parfois difficiles, ont été arbitrées par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Elles ont finalement abouti à un certain nombre de principes communs en ce qui concerne la politique des grands prédateurs.

Processus naturel

Les quatre organisations considèrent le retour du loup, du lynx et de l'ours comme un processus naturel, de même que la constitution de populations de ces espèces en Suisse. Des tirs de régulation ne sont pas exclus, à condition qu'ils ne mettent pas en danger les effectifs de ces espèces.

En cas de dégâts aux cheptels d'animaux de rente, le tir des individus occasionnant des dommages reste possible conformément aux concepts en vigueur, rappellent les quatre organisations. Un pilier central de la stratégie adoptée est le développement de la protection des troupeaux, souligne Mirjam Ballmer, de Pro Natura.

Les éleveurs s'engagent à prendre des mesures raisonnables, telles que le pâturage tournant, des chiens de protection, la surveillance par un berger ou des clôtures, a précisé German Schmutz, président de la Fédération suisse d'élevage ovin.

Pas de miracle

En cas de conflit concernant les grands prédateurs, la détention d'animaux de rente et la chasse de la faune sauvage, le WWF, Pro Natura, les éleveurs de moutons et les chasseurs se disent prêts à rechercher des compromis et des solutions concertées.

Il ne faut cependant pas «attendre de miracle», avertit Mirjam Ballmer. Les quatre organisations ont encore bien des opinions divergentes et subissent aussi des pressions de la base. Mais, à présent, elles vont plutôt «chercher les point communs où des compromis peuvent être trouvés».

Certains thèmes ont été délibérément mis de côté lors des discussions. L'adoption de l'ordonnance sur la chasse, qui suscite tant l'opposition des chasseurs, des éleveurs que des organisations de protection de la nature - pour des raisons différentes - n'a par exemple pas encore été débattue.

Mise à l'épreuve

La force de l'entente sera également mise à l'épreuve lorsque la thématique sera à nouveau sous le feu médiatique. «On va croiser les doigts et il va falloir faire des efforts», concède le WWF, tout en restant optimiste. En 10 ans, les différentes organisations ont aussi acquis une plus grande expérience.

La collaboration se poursuivra vraisemblablement cet automne, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle ordonnance sur la chasse, ajoute German Schmutz.

La population des grands prédateurs en Suisse augmente lentement depuis quelques années. Le lynx sillonne les forêts suisses depuis les années 1970, le loup a refait son apparition au milieu des années 1990 et l'ours depuis 2005.

(ap)