Problèmes psychiques en Suisse

10 octobre 2018 13:10; Act: 10.10.2018 16:33 Print

«La réalité est moins rose qu'elle ne paraît»

Le mal-être émotionnel touche un Suisse sur cinq. Pour mieux encourager les citoyens à en parler, une campagne nationale a été lancée ce mercredi.

storybild

(Photo: afp)

Sur ce sujet
Une faute?

Un Suisse sur cinq souffre actuellement de problèmes psychiques, selon une étude de la fondation Pro Mente Sana réalisée à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale. Mais le sujet reste tabou. Une campagne entend y remédier.

«Il faut déstigmatiser les troubles psychiques», a exhorté mercredi à Zurich Heidi Hanselmann, ministre st-galloise de la santé et présidente du conseil de fondation de Promotion Santé Suisse. «Ces problèmes peuvent toucher tout le monde», a-t-elle souligné lors de la présentation des résultats de l'étude sur la santé psychique des Suisses financée par Pro Mente Sana.

A la question générale «Comment ça va?», 12% des sondés répondent «pas très bien» ou «mal», selon l'enquête. Et même un cinquième dit se trouver «actuellement» dans une situation de mal-être émotionnel prolongée. «Cela montre que lorsque l'on creuse, on se rend compte que la réalité est moins rose qu'elle ne paraît», explique Roger Staub, directeur de Pro Mente Sana.

Stéréotypes

Des différences ressortent selon le sexe, l'âge et le statut relationnel. Les hommes, les plus de 55 ans et les personnes en couple sont les catégories démographiques qui déclarent se sentir le mieux. «Pour des raisons culturelles, les hommes admettent peut-être moins avoir des problèmes psychiques que les femmes qui sont, elles, vues de manière stéréotypée comme plus émotives», avance Roger Staub.

Tant les hommes que les femmes atteignent leur plus haut degré de bien-être mental entre 66 et 75 ans. Ensuite, la courbe redescend, en particulier chez les femmes. C'est la période où beaucoup d'entre elles perdent leur partenaire, indique le sondage. A noter d'ailleurs que les retraités constituent la catégorie sociale qui se dit en meilleure santé mentale.

De fait, le stress et la surcharge de travail arrivent en tête des facteurs qui pèsent le plus négativement sur l'état psychique des sondés (42%), devant les conflits humains (37%), les maux physiques ou psychiques (33%) et l'inquiétude pour les autres (33%). Mais ne pas travailler ne veut pas dire aller bien: les bénéficiaires de l'assurance invalidité et les chômeurs arrivent en bas de classement.

Dur d'en parler

Bien qu'il soit particulièrement important pour les personnes affectées de pouvoir en parler, le sujet reste tabou: 60% des personnes interrogées jugent que la santé psychique n'est pas un thème dont on parle ouvertement en Suisse, contre seulement 3% qui pensent l'inverse. Or «être pris au sérieux» et «être écouté» sont les voeux principaux des individus concernés.

La peur d'être stigmatisé est forte: 70% des participants à l'étude disent craindre les réactions de leur entourage s'ils leur faisaient part de problèmes psychiques. «Les jeunes craignent tout particulièrement d'être considérés comme non performants, fragiles et faibles», note Michael Hermann, directeur de l'institut Sotomo, qui a réalisé le sondage pour le compte de Pro Mente Sana.

Campagne de sensibilisation

Pour mieux sensibiliser la population et encourager les Suisses à parler de santé psychique, une campagne nationale a été lancée mercredi. Elle doit durer quatre ans.

En Suisse romande, elle est coordonnée par la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales, en partenariat avec la Coraasp qui regroupe plus d'une vingtaine d'organisations dans le domaine de la santé psychique.

La campagne romande mise sur l'humour, avec des visuels ludiques. Elle s'inscrit dans la continuité de la plateforme de conseils santépsy.ch, gérée par les mêmes acteurs. Elle s'adressera à des publics bien distincts au cours de différentes étapes. D'octobre 2018 à mars 2019, une première phase ciblera l'ensemble de la population.

L'étude a été réalisée en ligne entre le 14 et le 27 septembre 2018. Plus de 5500 personnes de Suisse romande et de Suisse alémanique y ont pris part.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • sisi dudh le 10.10.2018 14:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    on fait comment pour payer

    en parler ? a qui ? un psy qui vous coûte la pot des fesses sors que vous êtes déjà pas bien psychologiquement a cause de la pression financière... non la Suisse n'aide pas les gens elles les enfoncent si vous n'êtes pas riche

  • B. H le 10.10.2018 14:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    hello

    Pour que les gens se sentent mieux il faut leurs laisser un peu plus d'argent à la fin du mois. Et pas que les salaires partent en assurance maladie et impôts!!

  • Jorge le 10.10.2018 14:25 Report dénoncer ce commentaire

    En Suisse le silence tue

    « Ce nest pas un signe de bonne santé mentale que dêtre bien adapté à une société malade » disait Jiddu Krishnamurti.

Les derniers commentaires

  • Lois le 12.10.2018 23:31 Report dénoncer ce commentaire

    Fausse face

    Normal, le système oblige les gens à avoir un niveau ultra exigent depuis l'école et pour faire des loisirs et vivre bien il faut être riche en Suisse avec tous ses exigences faut pas s'étonner qu'on a le plus haut taux de suicides des juniors ont leurs fait peur déjà à l'école !!!

  • Fritingger le 11.10.2018 10:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Elle est où la baballe

    Avis à tous les jeunes faites une formation de psy cest un métier davenir et en plus ça paye bien !

  • Anonyme le 11.10.2018 07:26 Report dénoncer ce commentaire

    Informations à tout personne contre via secura

    Tous ça grâce à via secura. Et vive les jeunes 22 qui fond dans leur pantalon des qu ils ont une intervention. Il n ose même plus sortir sans la police du groupe intervention. Vive la police valaisanne. Les champions de retrait de permis de conduire médaille d or .

  • Mat le 10.10.2018 22:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Courage

    J avais lu un livre qui preconise "le lacher prise", interessant. Effectivement des evenements du passe qui nous tracassent, le fait d etre perfectionniste dans un monde ou la perfection n existe pas ou d autres faits ou peurs qui mine l ame sans savoir pourquoi exactement c est penible et dur a surmonter. Les mecanismes chimiques du cerveau sont encore un mystere. Je me dit quand ca va moyen que l eau trouve toujours son chemin, la solution (doit) arrive.

  • Slow le 10.10.2018 21:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quand on a tout on est jamais content.

    Les maladie grave tel que schizophrénie ou les démence en tout genre je peux comprendre que ces personnes ont besoin de soins et dencadrement spécifique et de traitement. Mais en revanche les déprimer je ne comprendrai jamais. Des personnes saine desprit qui on tout pour vivre a manger a boire de leau potable a shabiller un toit sur la tête etc.. tout le luxe du monde. Aller chez un psy je suis pas bien ma vie est nul je mennuie etc... jai pas le gout a la vie. Mais oui le jour ou vous ramaserez des poubelles pour survivre vous serez plus déprimer. Vive laide social et les assurances

    • quuck le 11.10.2018 12:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Slow

      vous dites des bêtises. une personne dépressive , n'est pas saine d'esprit. renseignez vous!!!

    • Reca le 11.10.2018 13:09 Report dénoncer ce commentaire

      @Slow

      C'est justement parce que les besoins primaires sont comblés qu'on peut se concentrer sur des sujets plus spirituels. Et le fait de voir toute la misère et les horreurs qui se passent dans le monde sans pouvoir y faire grand-chose ça fait déprimer également. Désolé, mais je ne peux pas vivre insouciant avec des oeillères en me félicitant d'avoir à manger.