Accident mortel aux Grisons

02 avril 2019 18:32; Act: 03.04.2019 18:34 Print

Chauffard multirécidiviste condamné à la prison

par D. Krähenbühl/ofu - L'homme qui avait causé la mort d'une jeune scootériste, en 2017 aux Grisons, a été condamné mercredi à six ans de prison.

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Une faute?

«Je n'ai pas vu le scooter, mais je ne peux pas dire que je suis un mauvais conducteur.» F.P., accusé de meurtre par dol éventuel, a comparu mardi devant la justice grisonne. Le matin du 18 janvier 2017, il avait percuté frontalement avec son auto Larissa, une jeune scootériste de 26 ans, lors d'un dépassement risqué. Elle avait été projetée 43 mètres dans les airs avant de décéder des suites de ses blessures

Interrogé par la Cour, l'accusé a expliqué qu'il était pressé le matin des faits. Il avait voulu «chauffer» la voiture avant de réveiller ses deux filles et emmener sa femme à Coire. Selon l'acte d'accusation, le prévenu roulait à 115 km/h alors que le tronçon en question est limité à 80 km/h. L'homme était par ailleurs sous l'emprise du cannabis. La concentration de THC dans son sang était «nettement supérieure à la valeur critique».

Quelqu'un d'«impulsif»

Selon une expertise, le prévenu est quelqu'un d'impulsif ayant tendance à toujours chercher la faute chez les autres. Il aurait ainsi expliqué lors de l'entretien avec le psychiatre que l'accident ne se serait pas produit «si la scootériste avait fait plus attention».

Des propos difficiles à encaisser pour le père de Larissa, Heinz Caviezel. Tout comme d'autres membres de la famille, il a assisté à l'audience, stoïque.

«Je suis vraiment désolé»

Le Ministère public a requis 6 ans de prison et une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 90 francs. La défense, elle, a demandé 16 mois de prison avec sursis, assortis éventuellement d'une amende.

Juste avant la fin de l'audience, Heinz Caviezel a pris la parole s'adressant directement à l'accusé. «Pour nous, tout a changé le 18 janvier. C'est vraiment très blessant qu'il mette la faute sur ma fille.» Le dernier mot a été accordé à F. P.: «J'ai toujours dit que c'était de ma faute. Je suis vraiment désolé.»

Le juge a suivi le Ministère public et a condamné mercredi le prévenu à 6 ans de prison ferme.