Nicaragua

01 juillet 2016 18:54; Act: 02.07.2016 13:01 Print

Un couple suisse obligé de rendre son enfant

Daniel et Esther Schär ont adopté une petite fille, il y a neuf mois. Mais la mère de la petite a refait surface et veut la récupérer.

Une faute?

Pour Daniel et Esther Schär, le rêve est devenu réalité le 30 septembre 2015. Les autorités du Nicaragua, où ils travaillent pour le compte d'une ONG suisse, leur accordaient le droit d'adopter une petite fille âgée d'à peine deux mois.

Mais neuf mois plus tard, c'est le cauchemar. Les autorités du pays d'Amérique centrale ont fait marche arrière, rapporte le quotidien local «El Nuevo Diario». La mère biologique de l'enfant a refait surface et souhaite la récupérer. Lundi dernier, un juge local a tranché en faveur de cette dernière, une jeune fille mineure, qui a expliqué que sa fille a été placée à l'adoption contre sa volonté.

Incompréhension

«Je ne comprends pas cette décision, s'insurge Esther Schär. Comment peut-on reprendre cet enfant simplement parce que sa mère biologique se manifeste, alors qu'elle est restée silencieuse pendant neuf mois?» Son mari Daniel renchérit: «Nous ne pouvons pas l'accepter. Un enfant n'est pas un objet. Nous l'avons avec nous depuis neuf mois et nous nous sommes comportés comme ses parents. Nous la considérons comme notre fille!»

Leur avocat note par ailleurs plusieurs incohérences, relaie pour sa part «La Prensa». D'abord, il a souligné que la mère avait préféré confier son enfant à l'adoption, car elle n'avait pas les moyens de s'en occuper et qu'il s'agissait, selon lui, d'un placement volontaire. Ensuite, l'homme de loi a relevé un problème de for juridique. Enfin, il a insisté sur le côté traumatisant de ce changement brusque pour la petite, qui appelle à présent les Schär «papa» et «maman». Sans succès.

En attendant de retrouver sa mère biologique, l'enfant a été placée dans un foyer. Pour le moment, les parents adoptifs n'ont pas le droit de la voir. Contactée par «20 Minuten», Esther Schär explique qu'il n'y a apparemment pas de possibilité de recours. «Nous continuons toutefois à nous battre. Pas contre la mère biologique, mais pour le bien-être de notre enfant», souligne-t-elle.

(vro/dmz)