Client agressé à Zurich

13 octobre 2014 08:43; Act: 13.10.2014 11:50 Print

Un élu UDC raconte ses trois mois de prison

Mario Babini, membre agrarien du législatif de la ville de Zurich, a passé 101 jours en prison pour avoir agressé le client d'un restaurant. L'élu donne sa version des faits.

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Monsieur Babini, vous êtes sorti jeudi passé de détention préventive après 101 jours. Comment se sont passés vos premiers jours en liberté?
C'était magnifique. Il fallait que je m'habitue à nouveau au fait que je puisse marcher plus loin que trois mètres. Mais la première chose que j'ai faite, ç’a été de prendre une bonne douche chaude. En prison, cela n'est autorisé que tous les trois jours.

Vous avez passé autant de temps en prison parce que vous avez agressé et menacé le client d'un restaurant zurichois à l'arme blanche en juin...

De mon point de vue, il s'agit d'un dérapage verbal de ma part. Ce dérapage a visiblement été mal interprété. J'étais dans ce bar en train de boire tranquillement un verre avec un couple. Tout à coup, le gérant est venu vers moi et m'a dit que j'importunais les clients. Il m'a banni du bar. Je me suis dit qu'il pétait les plombs. J'ai mis mes mains devant le visage pour me protéger lorsqu'il me criait dessus. Ça a suffi pour qu'il dise ensuite que je lui ai donné des coups de poing.

Et après?
Je suis sorti fumer une cigarette. Un client s'est plaint de la fumée qui rentrait dans le bar par la porte ouverte. Je lui ai répondu que je pouvais fumer autant de cigarettes que je voulais à l'extérieur. L'homme a alors couru vers moi. Je me suis enfui et j'ai sorti un outil multifonctions de ma poche. Il est à peine plus grand qu'une clé. Je lui ai alors dit que je pourrais lui trancher la gorge. Il y a eu quelques coups de pied avant que j'aille appeler la police, qui n'est jamais venue. J'ai été arrêté plus tard chez moi.

Et vous avez dû passer autant de temps en prison pour ça?
Je ne sais pas pourquoi. Car au final, la menace n'était qu'une blague provocatrice. Lorsque les policiers sont venus chez moi, le soir, ils m'ont demandé si j'avais une arme à la maison. Je leur ai répondu que j'ai un fusil d'assaut 57. Lorsque je leur ai demandé s'ils avaient un mandat pour fouiller ma maison, ils m'ont dit qu'ils n'en avaient pas besoin. Quand ils ont trouvé mon épée asiatique et la hache que j'utilise pour entretenir mon jardin, ils m'ont directement emmené au poste et ne m'ont plus laissé partir.

Comment ça s'est passé pour vous, en prison?
On m'a tout pris. Mon natel, ma Rolex, mon porte-monnaie. Ensuite, j'ai été mis seul dans une cellule pendant 23 à 24 heures. Il faut avoir les nerfs bien accrochés pour ne pas péter les plombs dans ce genre de situation. Mais en tant qu'alpiniste, ça n'a pas été trop difficile. Je suis d'ailleurs en train d'écrire un livre pour digérer ce qui s'est passé.

Comment a réagi votre entourage?
Ma famille et mes enfants issus d'un premier mariage étaient choqués. Tout le monde a tenté de les joindre pour avoir de mes nouvelles. C'était une période difficile pour eux. Ma femme, qui habite en Thaïlande, ne savait pas où j'étais passé. Elle s'est fait énormément de souci.


Voulez-vous rester au législatif de la ville de Zurich après ce qui s'est passé?

Mon parti souhaite que je me retire volontairement de mes fonctions. Mais je refuse de m'en aller tant que je ne leur ai pas donné ma version des faits. Par ailleurs, c'est le peuple qui m'a nommé et non l'UDC.

Et comment voyez-vous votre avenir professionnel?
Je continue à gérer mon entreprise de gestion de fortune avec mon partenaire. Je n'ai heureusement pas perdu de clients à cause de cette histoire. Les trois mois de salaire manquants et mes cartes de crédit bloquées sont actuellement mes plus grands soucis.

(blu/ofu)