Perspectives

20 mai 2011 12:31; Act: 20.05.2011 12:35 Print

Un été peu rayonnant pour le tourisme suisse

Le tourisme en Suisse ne devrait pas vivre un été sans nuages.

Une faute?

Le nombre de nuitées va encore baisser, en raison de la force du franc. La demande émanant des marchés traditionnels, européen, américain ou japonais, risque chuter, selon les prévisions publiées vendredi par l'institut de recherches BAKBASEL. Un retour à la croissance est toutefois attendu l'an prochain.

Comme on pouvait s'y attendre, l'industrie suisse du tourisme a enregistré un recul sensible de la demande lors de la saison d'hiver 2010/2011. La dernière estimation pour cette saison qui s'est terminée en avril prévoit un recul du nombre des nuitées hôtelières d'environ 1%. C'est surtout pour les régions alpines de vacances que la saison a été difficile (-4. Le manque de neige, les températures élevées et le franc fort ont pesé lourd. En revanche, le tourisme d'affaires n'a rien perdu de son dynamisme.

Les conditions économiques prévalant pour la saison d'été, de mai à octobre, sont similaires à celles de l'hiver dernier. Deux points sont positifs: le bon niveau du climat de consommation en Suisse et le dynamisme de la conjoncture économique en Allemagne, aux Etats-Unis et dans les pays émergents. Par contre, la fermeté actuelle du franc, qui affecte lourdement la «compétitivité-prix» de l'industrie suisse du tourisme, vient ternir le tableau. On prévoit en effet un nouveau fort tassement de la demande étrangère (-2,6. Les craintes concernent surtout la demande émanant des traditionnels marchés d'Europe occidentale, des Etats-Unis et du Japon. En revanche, la demande très dynamique des autres pays asiatiques pourrait encore progresser. La demande intérieure aura, elle aussi, un effet stabilisateur ( 0,6%). Dans l'ensemble, le nombre des nuitées hôtelières devrait diminuer de 1,3%.

Un franc fort qui décourage les étrangers

L'an prochain, le franc fort affectera sans doute encore la demande touristique, mais le creux de la vague devrait être passé, selon l'institut bâlois. Celui-ci table sur des taux de croissance légèrement positifs pour toutes les régions en 2012. Le nombre des nuitées hôtelières devrait progresser de 1,1%. Pour l'année touristique 2013, une croissance de 2,9% est envisagée, dopée par des effets de rattrapage, après quatre années plutôt maigres.

Les revenus réels des remontées mécaniques suisses devraient accuser un recul d'environ 4,8% sur l'année touristique 2011. Les difficultés sont apparues surtout l'hiver dernier en raison de la période pascale qui tombait tard et des températures élevées qui ont régné. L'année touristique 2012 devrait aussi permettre aux remontées mécaniques de renouer avec la croissance: compte tenu des effets de rattrapage, BAKBASEL table sur une augmentation de 5,2% de leurs revenus réels.

(ap)