Politique face au frant fort

21 janvier 2011 11:55; Act: 21.01.2011 12:08 Print

Un ex-dirigeant de la BNS critique la Suisse

La politique de la Banque nationale suisse ne convient pas à tout le monde. Face au franc fort, certaines voix s'élèvent pour dénoncer des mesures inutiles de la BNS.

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Le franc fort écrase l'euro. (Photo: AFP)

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Alors que des voix réclament de toutes parts une réaction étatique contre la force du franc, l'expert Ulrich Kohli estime que la situation n'est pas extrême. L'ancien chef économiste de la BNS juge même que les interventions de cette dernière étaient inutiles.

«Les taux de change variables donnent toujours lieu à des fluctuations, qui se corrigent d'elles-mêmes avec le temps», dit Ulrich Kohli, professeur à l'Université de Genève, dans une interview à la «Basler Zeitung» vendredi.

Les entreprises exportatrices subissent, certes, l'impact de la faiblesse de l'euro sur leurs chiffres d'affaires. Mais elles en profitent aussi, lorsqu'elles achètent du matériel et des matières premières à l'étranger.

«On constate généralement que le franc est fort quand l'économie suisse va plutôt bien. C'est le cas actuellement. Je préfère que nous allions bien, même si je comprends les soucis des exportateurs», observe Ulrich Kohli, qui était parti de la Banque nationale suisse (BNS) en retraite anticipée il y a un an.

«Fiasco»

De toute façon, il est très possible, et même probable, que l'euro se rétablira, souligne l'expert. Dans ce contexte, les achats massifs d'euros par la BNS au premier semestre de 2010, qui ont conduit à une perte historique de 21 milliards de francs sur l'année, n'ont servi à rien, juge-t-il. C'était même un «fiasco».

Ces actions ont tout au plus retardé l'appréciation du franc de deux-trois mois. Mais, dit M.Kohli, «la BNS a dû capituler en juin. Du coup, elle a perdu en crédibilité» en plus d'avoir affaibli son bilan. Pour réduire celui-ci, elle devrait vendre des devises, ce qui «n'est pas possible pour l'heure - mais pas urgent non plus».

(ats)