Suisse

22 février 2019 09:41; Act: 22.02.2019 17:27 Print

Un ex-sergent condamné à 90 jours-amendes

Un ex-sergent de l'armée suisse avait servi dans une milice chrétienne syrienne. Il a été condamné à une amende assortie de sursis.

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Trente-et-un combattants des forces prorégime ont été tués samedi dans l'explosion de munitions sur un aéroport militaire du centre de la Syrie. (Samedi 3 août 2019) La Syrie a donné son accord «conditionnel» à un cessez-le-feu dans la région d'Idleb, pilonnée sans répit depuis trois mois par le régime de Bachar el-Assad. (Jeudi 1er août 2019) Un charnier avec environ 200 corps a été découvert près de Raqa, ancienne «capitale» du groupe Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie. (Mercredi 3 juillet 2019) La Russie annonce un cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les combattants rebelles dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. (13 juin 2019) Après une nuit de bombardements, l'armée syrienne progressait dans l'ultime réduit de l'Etat islamique. (18 mars 2019) Le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas a annoncé que l'Unione européenne allait débloquer deux milliards d'euros (2,27 milliards de francs) pour les réfugiés syriens. Après huit ans de guerre qui ont fait plus de 360'000 morts, «la flamme de la révolution syrienne s'est tarie. Et ceci est, en soi, une victoire pour Assad», souligne un chercheur. (14 mars 2019) Près de 2000 personnes, dont une majorité de djihadistes, se sont rendues aux forces antijihadistes dans l'est de la Syrie. (Mardi 12 mars 2019) L'assaut décisif contre l'ultime poche de l'EI en Syrie a repris. Le délai donné à l'organisation pour la «reddition» de ses combattants a expiré, ont annoncé dimanche les forces antidjihadistes. (Dimanche 10 mars 2019) Quelque 58'000 personnes sont sorties de Baghouz, une petite localité perdue dans les plaines désertiques de l'est syrien , dernière poche de l'EI. (10 mars 2019) Après leur évacuation, des femmes vêtues de noir et chargées de lourds baluchons ou sacs à dos ont déclaré qu'elles vivaient entassées dans des tranchées, des tentes et des voitures proches de l'Euphrate.(10 mars 2019) L'ONG comité international de secours a indiqué que 12'000 personnes ayant fui Baghouz étaient arrivées dans un camp de déplacés, plus au nord au cours des 48 dernières heures, dont 6000 sur la seule journée de jeudi. (10 mars 2019) Les chefs d'accusation sont «l'affaiblissement de la force défensive de la nation et la tentative répétée de service à l'étranger». (21 février 2019) L'ex-sergeant Johan Cosar en train d'arriver au Tribunal militaire, entouré de sa défense. (21 février 2019) Le colonel Mario Bazzi (au centre) présidera le procès. (21 février 2019) Le Tribunal militaire à Bellinzone s'apprête à juger Johan Cosar. (20 février 2019) Johan Cosar, alias Omit (au centre) commande une milice syriaque, du nom des Chrétiens de Syrie. (16 octobre 2014). Le combat de Johan Cosar a également fait l'objet d'un . (11 mars 2015) Le combat de Johan Cosar lui a attiré l'attention de nombreux médias dans le monde. (11 mars 2015) Les Syriaques se sont organisés tant bien que mal en réponse aux exactions des Djihadistes. (4 septembre 2014) Des miliciens syriaques en place pour s'opposer à l'avancée des djihadistes L'armement est hétéroclite Formation et entrainement au maniement des armes Formation et entrainement au maniement des armes Les miliciens manquent de moyens face à la puissance de feu de l'Etat islamique L'heure du repas pour les miliciens mais les armes ne sont jamais loin. Des combattants derrière des sacs de sable observent les mouvements Les Syriaques sont aisément reconnaissables avec le tatouage de leur foi.

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Le Tribunal militaire a condamné vendredi à Bellinzone un ex-sergent de l'armée suisse à une peine de 90 jours-amende à 50 francs la journée, avec sursis pendant trois ans, et à 500 francs d'amende. Il avait servi dans une milice chrétienne syrienne.

La cour, présidée par le colonel Mario Bazzi, s'est montrée plus indulgente que l'accusation. Elle a reconnu les motifs humanitaires qui ont poussé ce Tessinois de 37 ans, d'origine turque araméenne, à prendre le chemin de la Syrie en 2011 après le printemps arabe.

Tout en comprenant les raisons personnelles du prévenu à vouloir défendre sa communauté chrétienne-araméenne de l'avancée de l'Etat islamiste, la cour a estimé qu'en servant au sein d'une milice syrienne de 2013 à 2015, il avait violé l'article 94 du code pénal militaire. Le prévenu s'est donc rendu coupable d'affaiblissement de la force défensive du pays pour avoir servi dans une armée étrangère «sans le consentement du Conseil fédéral».

La peine requise par l'accusation, 180 jours-amende et 2500 francs d'amende, a été revue à la baisse en considération des circonstances atténuantes retenues par la cour.

«Il s'agit d'un cas isolé qui ne doit pas en faire un exemple» a lancé le colonel Mario Bazzi. L'ex-sergent devra s'acquitter d'un tiers des frais de la cause, fixés à 3293 francs, le reste étant mis à la charge de la Confédération.

Acquittés sur le recrutement

L'ex-sergent et son cousin, co-inculpé, ont en revanche tous deux été acquittés des accusations de recrutement et tentative de recrutement de ressortissants suisses pour une armée étrangère. La cour n'a pas été en mesure d'évaluer l'importance de la publication de photos, vidéos et autre matériel de propagande sur le profil Facebook du co-inculpé, un Tessinois de 30 ans lui aussi d'origine araméenne.

Le tribunal a en fait établi qu?aucun ressortissant suisse n'a jamais pris le chemin de la Syrie à la suite de ces appels.

Histoire personnelle dramatique

Le procès, qui a débuté mercredi, a été pris d'assaut par la nombreuse diaspora araméenne accourue du Tessin et du reste de la Suisse. Au terme des débats, le public a laissé éclater sa joie, entonnant des chants dans la salle d?audience.

Interrogé par l'agence de presse Keystone-ATS, l?avocat de l'ex-sergent Me Yasar Ravi, de Lugano, a indiqué qu?il allait néanmoins recourir contre le verdict : «J'avais requis l'acquittement sur toute la ligne, mon client a été condamné pour violation de l'article 94 du code pénal militaire, nous allons donc faire appel».

L'histoire personnelle de l'ex-sergent, actif actuellement entre le Tessin et le nord de l'Irak pour une association humanitaire, est tragique: son père, lui aussi parti en Syrie en 2011 pour prêter main forte à son peuple, y a été arrêté en août 2013. Depuis, sa famille est sans nouvelles.

«Nous avons tenté toutes les voies: le Département fédéral des affaires étrangères, les ambassades, les organisations humanitaires, mais en vain», conclut l'avocat Ravi.

(nxp)