Canton de Berne

24 avril 2019 21:28; Act: 24.04.2019 21:28 Print

Harceleur récidiviste, le faux photographe est libre

Un photographe prétendant travailler pour «Playboy» a agressé des femmes. Malgré des précédentes condamnations pour des cas similaires, il s'en tire avec une peine légère.

storybild
Une faute?

A trois reprises au moins, entre mars et octobre 2018, un quinquagénaire bernois s'est fait passer pour un photographe de «Playboy». Cela lui a permis de persuader des femmes de poser pour des photos. Et pour achever de les convaincre, il leur a fait miroiter des rétributions généreuses, jusqu'à 12'000 francs dans certains cas. Les victimes n'ont évidemment jamais vu la couleur de cet argent. En revanche, certaines ont subi les assauts du prétendu photographe, qu'elles accusent de harcèlement et d'attouchements sexuels pendant le shooting.

Selon l'ordonnance pénale, délivrée en janvier 2019 et à laquelle «20 Minuten» a eu accès, S. S.*, 51 ans, a notamment frotté sa main contre le vagin d'une modèle lors d'une séance photos. Une autre plaignante l'accuse d'avoir touché sa poitrine.

Antécédents pas pris en compte

Le casier judiciaire de l'accusé n'est pas vierge. Il a été, par le passé, condamné pour plusieurs crimes ou délits. En décembre 2002, il écopait ainsi de 20 mois d'emprisonnement pour 15 cas de fraude, harcèlement et agression sexuelle. Malgré cette première condamnation, S. S, a récidivé et a écopé de 8 mois supplémentaires en 2004.

Ce lourd passé judiciaire n'a pourtant pas été pris en compte dans la récente condamnation: le quinquagénaire a écopé d'une peine de 60 jours-amende et d'une amende de 1500 francs.

Cette peine, qui peut sembler bien légère, s'explique par le fait que les précédentes condamnations remontent à longtemps, écrit «20 Minuten». Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, ces peines ne doivent plus être prises en compte dans la détermination d'une nouvelle condamnation. «Elles doivent être considérées comme inexistantes», a expliqué le Procureur général adjoint du Canton de Berne.

Réactions politiques

Toutefois, cette affaire a fait des remous jusque sous la Coupole. Pour la conseillère nationale socialiste Mattea Meyer, elle montre que le harcèlement sexuel est toujours minimisé. «Les infractions contre les biens, par exemple, sont souvent punies plus sévèrement que les crimes de violence sexuelle. Cela envoie un mauvais signal.»

*nom connu de la rédaction

(20 minutes)