Suisse

28 septembre 2016 10:25; Act: 28.09.2016 14:46 Print

Un imam salue l'interdiction du niqab

Le Bernois Mustafa Memeti approuve la décision du National mardi d'interdire le port du voile intégral en Suisse. D'autres organisations hésitent encore.

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Le voile intégral sera-t-il interdit en Suisse. (Photo: Keystone)

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Le National a accepté mardi de justesse (88 voix contre 87) une initiative parlementaire de Walter Wobmann (UDC/SO) visant à interdire le port du voile intégral (burqa et niqab) sur tout le territoire suisse. Une décision saluée mercredi par l'imam bernois Mustafa Memeti ainsi que d'autres représentants influents d'associations de musulmans modérés, révèle l'Aargauer Zeitung, via le site watson.ch.

«Dans une société ouverte, une femme doit montrer son visage et donc son identité. Raison pour laquelle les musulmans ne doivent pas réagir de manière négative sur l'interdiction de la burqa. Il n'y aucun problème», estime l'imam de l'Union des musulmans bernois et président de l'association islamique albanaise du nord-ouest de la Suisse.

Interdire la burqa oui, mais pas le voile

«J'ai des réserves au sujet de la burqa, elle est absurde. Elle est théologiquement injustifiée et ne fait pas partie des obligations islamiques», estime-t-il en précisant qu'en Suisse, les femmes qui la portent sont très rares. En revanche, une interdiction du port du voile (lorsqu'on voit le visage de la femme) serait selon lui un problème.

La présidente du forum pour un islam progressiste, Saïda Keller-Messahli, abonde: «Nous devons discuter afin de définir quel islam nous voulons en Suisse. Quand le Parlement approuve l'interdiction de la burqa, il s'agit bien plus qu'un simple bout de tissu, il s'agit de la misogynie des salafistes.»

Que ce soit l'UDC qui ait lancé l'interdiction de la burqa n'a aucune importance à ses yeux: «J'avais déjà cette position bien avant l'UDC», réplique-t-elle. «Mais cette fois, ce n'est pas dirigé contre les musulmans, mais contre les ultra-conservateurs.»

Positions pas encore tranchées

Si ses opinions sur la burqa sont claires, il n'en va pas de même pour d'autres organisations qui hésitent encore à se positionner. L'importante Fédération des organisations islamiques de Suisse n'a ainsi pas encore communiqué ce qu'elle pensait de cette interdiction. Elle a promis de le faire sous peu.

Même du côté des églises, le message n'est pas clair. «D'un côté, il est important, pour pouvoir vivre ensemble harmonieusement dans une société, que tous ses membres puissent être reconnus. D'un autre côté, nous respectons la liberté religieuse», explique le porte-parole de la Conférence des évêques suisses Walter Müller. «Nous n'avons pas encore pris position. Une commission y travaille en ce moment à l'interne. »

(cht/nxp)