Bâle

01 septembre 2010 22:44; Act: 01.09.2010 22:05 Print

Un traitement provoque la mort d’un bébé

par Jonas Hoskyn - Un médicament contre les ulcères est régulièrement utilisé pour déclencher les accouchements. La mère d’un enfant mort-né attaque quatre médecins en justice.

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Le drame s’est produit en 2004 à l’Hôpital universitaire de Bâle. (Photo: hys)

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Deux jours après le terme prévu pour la naissance de son deuxième enfant, une maman a été hospitalisée à la clinique pour femmes de l’Hôpital de Bâle. L’accouchement a été déclenché à l’aide du Cytotec, un médicament très controversé. Dans les heures qui ont suivi, son utérus s’est déchiré et l’enfant est mort-né. La vie de la mère, qui a perdu 1,8 litre de sang, a également été mise en danger. Pour l’accusation, l’origine de l’accident tragique d’août 2004 est à imputer au médecin-chef, alors également chef de la clinique. Il doit comparaître fin novembre devant la justice, notamment pour homicide par négligence. Trois autres médecins ont été accusés de voies de fait simples.

Principal grief: les praticiens avaient omis d’informer la femme sur les risques inhérents au Cytotec. Actuellement, ce médicament est autorisé uniquement pour traiter les ulcères gastriques et duodénaux. En réalité, il est largement utilisé à l’échelle nationale pour déclencher le travail d’une parturiente. En outre, malgré l’utilisation régulière du Cytotec, l’hôpital ne disposait pas de directives internes pour son administration et le suivi des patients.

La femme s’est aussi pl­ainte de n’avoir pas été examinée par un médecin durant près de vingt heures. L’hôpital universitaire ne veut pas prendre position sur la procédure en cours mais regrette l’incident. On sait toutefois que les parents ont conclu un arrangement à hauteur de 176000 fr. avec l’hôpital.