Affaire Carlos

28 novembre 2013 13:39; Act: 28.11.2013 17:43 Print

Une commission exige un meilleur contrôle des coûts

L'aménagement des mesures spéciales d'encadrement du jeune délinquant zurichois «Carlos» s'est déroulé de manière correcte.

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21.04.15 Le tribunal cantonal de Zurich a admis mardi son recours contre la prolongation de sa détention provisoire. Son risque de récidive a fortement baissé, selon les juges. 20.04 Le Tribunal fédéral (TF) a confirmé la prolongation de la détention provisoire de «Carlos». Le jeune homme, connu pour l'encadrement très spécial dont il avait pu bénéficier, est sous les verrous depuis octobre dernier. 16.04 Le Ministère public zurichois a porté plainte contre Carlos. Le jeune délinquant multirécidiviste aurait notamment menacé un homme au couteau, le 28 octobre 2014 à Zurich. 08.05 Carlos a posté une photo d'un coran sur son profil Facebook. Son entraîneur de boxe confirme: «Il s'est tourné vers l'islam.» 26.03 La cellule dévastée de «Carlos» refait parler d'elle. Le Ministère public zurichois a ouvert une procédure pénale contre inconnu pour violation du secret de fonction. 01.09. 2013, Il y a quelques mois, Carlos (à droite) a renversé un piéton qui a dû être hospitalisé avec une fracture du crâne. Sur la photo, Carlos est avec son entraîneur de boxe thaïe. A 17 ans, Carlos (prénom d'emprunt) a grièvement blessé une personne au couteau. Il est accusé de vol, de violences, de menaces, de détention d'armes et de consommation de drogue. Sur cette image de la SRF, il se trouve face au juge Hansueli Gürber. Carlos s'entraîne à la boxe thaïe avec un champion. Carlos dans la chambre de son appartement de quatre pièces, payé par les services sociaux. Une équipe pluridisciplinaire comptant dix personnes s'occupe de l'adolescent.

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Tel est le constat de la commission de justice du parlement cantonal qui, dans son rapport, recommande tout de même un meilleur contrôle des coûts rééls au lieu du principe actuel des forfaits par cas. Selon la commission, les prestations fournies par une société privée spécialisée dans les mesures spéciales d'encadrement doivent à l'avenir être définies précisément dans l'offre que cette entreprise soumet à la Justice des mineurs. Il faut en outre définir plus clairement les exigences que ce type de prestataire doit remplir et vérifier régulièrement qu'elles soient remplies. Un telle méthode apporterait davantage de transparence, estime la commission de justice du Grand Conseil zurichois dans son rapport publié jeudi. Les mesures spéciales choisies pour «Carlos» (prénom fictif) ont coûté 29'200 francs par mois. Un chiffre qui avait fait scandale dans les médias à la fin de l'été, suite à la diffusion d'un reportage de la télévision SRF sur ce cas.

Interview de «Carlos»

Début septembre, le ministre zurichois de la justice Martin Graf a mis fin à certains traitements destinés aux jeunes délinquants, jugés trop coûteux. Les mesures spéciales d'encadrement en milieu ouvert notamment seront désormais soumises à l'aval du juge supérieur de la Justice des mineurs. Dans une interview publiée jeudi dans la «Weltwoche», «Carlos» déclare comprendre que la somme dépensée pour lui par l'Etat suscite la critique. Agé aujourd'hui de 18 ans, il se dit toutefois reconnaissant pour la «chance» que lui ont offert ces mesures spéciales.

Informer les autorités locales

Leur but était principalement de rattraper sa formation scolaire dont le niveau actuel équivaut à la 4e année primaire, selon les dires du jeune homme qui a passé de nombreuses années en détention. La justice des mineurs avait opté pour le programme spécial en milieu ouvert alors que «Carlos» finissait de purger neuf mois de prison après avoir poignardé grièvement un autre adolescent. Les autorités de Reinach (BL), où «Carlos» habitait dans le cadre des mesures d'encadrement, n'avaient pas été informées de sa présence sur son territoire. Pour la commission du parlement zurichois, il faut donc évaluer dans quels cas les autorités locales doivent être informées pour des raisons de sécurité publique.

«On se fout de ma gueule»

Le Grand Conseil zurichois se penchera sur le cas «Carlos» le 9 décembre. En raison du battage médiatique qu'elle a entraîné, le jeune homme a été retiré début septembre de l'appartement dans lequel il avait été placé. Il a d'abord été placé dans le secteur réservé aux mineurs de la prison de Dietikon avant d'être transféré, la semaine dernière, dans le centre d'exécution des mesures pour jeunes délinquants d'Uitikon (ZH). Un recours de l'avocat de «Carlos» contre cette dernière décision est pendant. Dans la «Weltwoche», le jeune homme, qui a fait une brève grève de la faim la semaine dernière, se dit «trompé». Peu avant son transfert à Uitikon, un nouveau programme de mesures spéciales lui aurait en effet été proposé. «J'ai l'impression qu'on se fout de ma gueule», confie-t-il.

(ats)