Berne

26 juin 2014 16:25; Act: 15.10.2014 12:00 Print

Une élue veut qu'on mange des plats périmés

La conseillère nationale verte bernoise Aline Trede veut faire diminuer le gaspillage alimentaire en Suisse. Et elle a sa solution.

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Aline Trede veut diminuer drastiquement le gaspillage d'aliments. (Photo: Keystone/Lukas Lehmann)

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Quand les jeunes verts fêteront leur dixième anniversaire, en juillet prochain, ils offriront un type de restauration atypique: tous les plats seront composés d'aliments périmés, qu'ils récupéreront dans les containers des supermarchés. Avec cette action, ils veulent attirer l'attention sur le gaspillage de nourriture encore comestible en Suisse.

Dans le même ordre d'idée, la conseillère nationale Aline Trede (Les Verts/BE), a déposé vendredi dernier un postulat demandant que le Conseil fédéral prenne des dispositions pour le diminuer de 80% d'ici à 2020. D'après l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), un tiers des aliments produits pour la consommation humaine est perdu chaque année en Europe. En Suisse, les chiffres de l'Office fédéral de l'agriculture estiment à 94 kg par personne la quantité de nourriture jetée en un an. «Le gouvernement doit faire quelque chose!», s'insurge la députée fédérale.

Servir des plats périmés

Dans son texte, Aline Trede demande que les restaurants et les détaillants puissent vendre des produits qui ont passé la date de péremption: «Migros et Coop pourraient par exemple les proposer dans des étalages spécifiques», explique la Verte. «Les restaurants aussi pourraient servir des plats à base de nourriture périmée. Ou distribuer gratuitement les invendus.»

Chez les grands distributeurs, l'idée ne convainc pas: «Offrir des produits dont la date est passée ne nous semble pas raisonnable», déclare Monika Weibel, porte-parole de Migros. Un avis partagé par GastroSuisse, pour qui il est «impensable» de servir des produits périmés ou de les donner: «La réglementation est très stricte à ce sujet. Il en va de la sécurité des consommateurs», rappelle Hannes Jaisli, directeur-adjoint de la faîtière.

A la maison aussi

Les ménages sont aussi responsables du gaspillage de nourriture. C'est pourquoi Aline Trede veut les éduquer à travers des campagnes, par exemple à l'école. «Les consommateurs doivent apprendre qu'en reniflant un yaourt, on peut savoir s'il est encore mangeable». La plupart des gens s'en tiennent en effet à la date indiquée sur l'emballage. Là aussi, il faut changer certaines choses: «Elles doivent être calculées de manière plus réalistes. Certains aliments peuvent être consommés plusieurs semaines après le délai indiqué», poursuit Aline Trede. Un problème connu des distributeurs: «Nous avons déjà changé les dates pour certains de nos produits, comme le fromage à pâte dure ou le bacon», précise Monika Weibel.

(jbu/dmz)