Suisse

17 octobre 2017 09:53; Act: 17.10.2017 14:00 Print

Une initiative pour favoriser le don d'organes

Les initiants, soutenus par Swisstransplant, veulent modifier la loi pour que le consentement soit présumé.

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Une organisation de jeunes citoyens, la Jeune Chambre Internationale de la Riviera, a lancé mardi une initiative populaire pour faciliter le don d'organes. Les initiants, soutenus par Swisstransplant, veulent modifier la loi pour que le consentement soit présumé.

La Jeune Chambre Internationale (JCI) est une fédération mondiale de jeunes citoyens âgés de 18 à 40 ans. La section Riviera est l'une des septante organisations locales du mouvement en Suisse. Elle a jusqu'au 17 avril 2019 pour récolter les 100'000 signatures nécessaires.

Acte proactif

Actuellement en Suisse, une personne qui souhaite donner ses organes doit le faire savoir proactivement. Avec l'initiative populaire «Sauver des vies en favorisant le don d'organes», les initiants souhaitent renverser la situation et inscrire le consentement présumé dans la loi.

«La loi indiquerait désormais que nous sommes tous donneurs d'organes et de tissus potentiels, sauf si nous avons exprimé notre refus de notre vivant», a expliqué mardi à Berne la JCI devant la presse. Concrètement, les personnes qui s'opposent à un don d'organes devront faire part de leur refus en s'inscrivant dans un registre national.

Pas de don automatique

Le consentement présumé n'est pas synonyme de don automatique, ont insisté plusieurs intervenants. Si la personne n'est pas inscrite dans le registre national, une discussion aura quand même lieu avec ses proches, explique le président du comité d'initiative, Julien Cattin.

Les opposants au consentement présumé mettent en avant un seul risque, celui de prendre les organes de quelqu'un qui ne voulait pas les donner, mais ne l'a pas exprimé de son vivant. Il en existe un autre: ne pas prélever les organes de quelqu'un qui aurait voulu les donner et qui aurait pu sauver des vies, a souligné le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard, président de Swisstransplant. Et de souhaiter que dans ce débat, «on voie un peu plus les transplantés et les personnes sur liste d'attente».

En Suisse, chaque semaine, deux à trois personnes décèdent faute d'organes disponibles. Actuellement, plus de 1500 personnes sont en attente d'une transplantation, a rappelé le Professeur Franz Immer, directeur de Swisstransplant.

La Suisse à la traîne

Les initiants espèrent «augmenter significativement le nombre de donneurs d'organes et de tissus». La Suisse compte 14,2 donneurs décédés par million d'habitants par an (moyenne 2012-2016). C'est deux fois moins que la France, l'Autriche ou l'Italie, des pays qui pratiquent déjà le consentement présumé, soulignent-ils.

Pierre-Yves Maillard relève que la situation en Suisse est contradictoire: 85% de la population sont favorables au don d'organes alors qu'en même temps, le taux de refus est élevé, à plus de 60% en 2016. Dans la moitié des cas, les proches ne connaissent pas la volonté du défunt. «Dans le doute, ils s'abstiennent. L'enjeu est que, dans le doute ils disent oui», analyse-t-il.

Financement participatif

Pour réunir les signatures nécessaires, la JCI entend demander l'aide des autres organisations locales suisses. Elle aura également recours à la plateforme de collecte de signatures en ligne wecollect.

Elle peut aussi compter sur Swisstransplant, qui la soutient à hauteur de 50'000 francs. Pour récolter d'autres fonds, les initiants prévoient également de faire appel à une plate-forme de financement participatif.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Claude le 17.10.2017 10:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Responsabilité civile

    C'est vraiment pas trop tôt. On est actuellement dans une situation d'égoïsme paradoxal. Certains s'offusquerons de cette initiative mais seront les premiers à mendier un organe en cas de besoin.

  • AliceL le 17.10.2017 10:43 Report dénoncer ce commentaire

    SwissTransplant

    Vous pouvez devenir donneur d'organes en allant sur le site suivant de Swisstransplant(.)org. Le tout peut être fait en ligne et vous recevrez un pdf ou par application votre carte de donneur.

  • Eldé le 17.10.2017 10:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Très bonne initiative les jeunes. De toute façon quest-ce que vous voulez en faire une fois dans le trou ? Alors autant faire vivre quelquun sa famille vous en sera reconnaissante. Bravo

Les derniers commentaires

  • Marie le 19.10.2017 15:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    dérive

    Moi ce qui m'inquiète c'est que cette nouvelle loi permette à des personnes puissantes de trouver les organes nécessaires chez des personnes encore vivantes.

    • Bob le 19.10.2017 18:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marie

      Et sur la base de quoi vous affirmez ça?

  • Marine le 19.10.2017 15:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Automatique ?

    J'ai plein de métastases...mes organes ne seraient pas un cadeau si automatiquement prélevés !

    • Bibi le 19.10.2017 18:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marine

      Seuls les organes viables sont prélevés!

  • jean-luc le 19.10.2017 08:16 Report dénoncer ce commentaire

    Partage

    Partageriez-vous votre kinder bueno ?

  • mr dufoie le 18.10.2017 22:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui ou non

    Une seul question doit être posée : acceptez-vous de donner et recevoir des organes ! oui ou non . Je crois que c'est la solution.

  • Pascal Sprenger le 18.10.2017 16:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dons d'organes

    Bonjour, Je suis plutôt pour, mais! Cela veux dire plus de chirurgie qui coûte très chère et les personnes opérées doivent prendre des médicaments à vie, ce qui va coûter chère aussi. Ne venez plus pleurer que les assurances maladie augmentent. À moins que l'on remette les assurances maladie à leur place. Quand elles paient pour des ivrognes et des drogués, pour moi ce ne sont pas des maladies. Comme cela les économies faites d'un côté sera utilisé pour une bonne cause. Salutations

    • Bob le 18.10.2017 17:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pascal Sprenger

      Vous n'avez alors aucune idée du coût de tenir en vie une personne qui a un organe qui dysfonctionne. Par exemple, une personne qui se fait dialyser pendant 4h et 3x par semaine pendant des années. Ça coûte les yeux de la tête et largement plus que le coup de la chirurgie. Aucune comparaison. Bien au contraire. Les économies seraient très importantes.

    • Bob le 18.10.2017 17:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pascal Sprenger

      Et non, les médecins ne font pas de greffe de foie, si on parle d'alcoolisme. si la personne n'est pas abstinente. Donc votre crainte n'a pas lieu d'être.

    • Bibi le 18.10.2017 19:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pascal Sprenger

      Parce que vous pensez que les personnes en attente d'un organe ne prennent pas de médicaments? Mdr

    • Coli le 18.10.2017 19:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pascal Sprenger

      Pourquoi pensez vous qu'on greffe en priorité les personnes non-suisses? Et c'est une réalité avouée par les médecins! Parce que ça coûte moins cher de les greffer au plus vite et de les renvoyer dans leur pays que de les garder sur le territoire avec une prise en charge d'attente d'un organe qui coûte beaucoup plus cher et pendant ses années.

    • Sarah le 18.10.2017 19:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Bob

      C'est quoi les arguments de ceux qui sont pas d'accord avec Bob?