Investissement dans les Infrastructures

01 février 2011 11:35; Act: 01.02.2011 11:52 Print

Une note de 65 milliards par an, selon le FNS

Les bâtiments et infrastructures de Suisse exigeront des investissements annuels de 65 milliards de francs dans les 20 ans à venir.

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Cette somme englobe l'entretien et les travaux d'extensions prévisibles. Des problèmes de financement menacent les transports.

Quelque 19 milliards de francs (3,5% du produit intérieur brut) sont consacrés chaque année à l'entretien des infrastructures techniques - approvisionnement, évacuation, transports, communications et ouvrages de protection. C'est ce que révèle une étude du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) présentée mardi à la presse à Berne.

Pour les bâtiments d'habitation, dont la valeur s'élève à 1550 milliards de francs, l'entretien entraîne un coût annuel d'environ 10,5 milliards. Il devrait frôler la barre des 15 milliards d'ici 2030. Et durant les 20 ans à venir, les 26'000 nouveaux logements nécessaires chaque année coûteront environ 13 milliards de francs par an.

Eviter l'impasse

C'est surtout dans les infrastructures ferroviaires et routières que des problèmes de financement risquent de se poser, avertissent les chercheurs. Si l'on maintient les travaux actuels et les extensions prévues, de nets déficits se creuseront dans ces deux domaines. Pour éviter l'impasse, il faudra trouver des sources de financement supplémentaires, ou réduire le volume des rénovations.

Pour rappel, la ministre des transports Doris Leuthard a présenté récemment son plan de bataille en la matière. Il prévoit que les usagers de la route et du rail passent davantage à la caisse. Le prix de la vignette autoroutière pourrait ainsi doubler et les billets de train renchérir de 10%. Les déductions fiscales pour les frais de transports devraient en outre diminuer.

En présentant ses projets, la conseillère fédérale avait par exemple relevé que les aménagements et l'entretien du réseau ferroviaire nécessiteraient au total entre 85 et 94 milliards de francs d'ici à 2030.

Pas péril en la demeure

Dans les autres domaines que les transports, le financement pose moins de problèmes, analysent les auteurs de l'étude. Pour l'alimentation électrique ou l'évacuation des eaux urbaines par exemple, les taxes prélevées selon le principe de causalité permettent un financement durable. Aucune action immédiate n'est donc nécessaire.

Pas d'urgence non plus concernant les immeubles locatifs, où c'est en premier lieu le marché qui décide des investissements de rénovation, constatent les chercheurs du FNS. Si le marché exige des investissements de conservation de la valeur ou de plus-value, ceux- ci sont effectués et le financement est généralement assuré.

Pour les logements en propriété, ce sont avant tout les habitants qui décident de l'échéance et de l'ampleur des travaux de rénovation. Les facteurs décisifs sont les liquidités, le style de vie ou les besoins de confort plutôt que la nécessité technique ou la rentabilité.

Si les mécanismes de financement actuels des bâtiments et infrastructures sont majoritairement adéquats et durables, des questions se posent néanmoins pour l'avenir, aux yeux des chercheurs. Car le secteur public doit faire face à d'autre dépenses importantes, tout comme les ménages, avec par exemple la prévoyance retraite ou l'assurance maladie.

(ats)