Suisse

13 février 2020 12:15; Act: 13.02.2020 14:50 Print

Une politique agricole plus écologique dès 2022

Le conseiller fédéral Guy Parmelin a présenté ce jeudi un projet à presque 14 milliards centré sur une réduction de l'empreinte écologique.

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Le nouveau cadre pour la politique agricole de 2022 à 2025 encourage notamment des pratiques en faveur de la biodiversité. (Photo d'illustration) (Photo: Keystone)

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Changement climatique, progrès technologiques, nouvelles attentes de la population: l'agriculture a besoin d'un nouveau cadre pour 2022 à 2025. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a présenté jeudi un projet à 13,774 milliards de francs.

La réforme devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2022. Elle jongle avec les attentes de la société et celles des exploitants dont les intérêts ne sont pas toujours identiques. Les premiers attendent des produits régionaux, de qualité, diversifiés et à des prix bas. Ils ont aussi un oeil sur l'impact environnemental et sur les pesticides. Plusieurs initiatives ont été lancées en ce sens.

Les agriculteurs souhaitent pour leur part avoir affaire à des consommateurs cohérents, qui ne font pas de tourisme d'achat. Ils veulent offrir des produits sains et obtenir un paiement juste. Ils demandent que leur travail soit plus valorisé et aimeraient moins de charge administrative.

Empreinte écologique

L'élément central de la Politique agricole à partir de 2022 (PA22 ) vise une réduction de l'empreinte écologique de l'agriculture. Le projet répond ainsi à la demande des consommateurs.

L'utilisation des engrais et des pesticides sera réduite et la production de gaz à effet de serre diminuera. La réforme prévoit des mesures concrètes et crédibles comme alternatives à l'initiative pour une eau potable propre.

Il s'agit de réduire les apports de produits phytosanitaires et d'éléments fertilisants dans les écosystèmes. La quantité maximale d'engrais de ferme pouvant être épandue par hectare sera abaissée de 3 à 2,5%, a précisé le ministre. Afin d'atteindre les objectifs écologiques, le choix des produits autorisés sera restreint, les exigences pour réduire les émissions dans les cours d'eau et les biotopes seront renforcées.

Moins d'azote et de phosphore

Guy Parmelin exige également des exploitants qu'ils diminuent les pertes d'azote et de phosphore. La nouvelle politique prévoit un abaissement de 10% d'ici à 2025 et de 20% d'ici à 2030.

Le parlement pourra parallèlement examiner l'initiative de la Commission de l'économie du Conseil des États, qui vise à réduire les risques liés à l'utilisation de produits phytosanitaires de 50% d'ici à 2027. Ce but est soutenu par le gouvernement.

Si les dispositifs mis en place ne permettent pas d'atteindre les objectifs visés, la Confédération prendra des mesures supplémentaires en 2025. Des mesures propres aux régions pourront être mises en place de manière ciblée.

Biodiversité

L'obtention de paiements directs sera liée à un niveau écologique plus important. Les surfaces de promotion de la biodiversité seront étendues à 3,5% des terres assolées. Leur mise en place fait partie des prestations écologiques requises.

Les pratiques particulières en faveur de la biodiversité et encore plus respectueuses de l'environnement seront encouragées grâce aux paiements directs. Avant de traverser un champ avec des machines lourdes, les agriculteurs devront prouver que leur action ne contribue pas au compactage du sol.

L'alimentation biphase des porcs sera exigée dans le cadre des prestations écologiques requises. Celles-ci sont obligatoires pour l'obtention de paiements directs.

Innovation

Les agriculteurs qui investissent dans des technologies innovantes pour réduire leur impact écologique pourront bénéficier d'aides financières. Et M. Parmelin de citer l'acquisition de tracteurs électriques ou de machines agricoles pilotées par GPS. Les investissements dans la santé et le bien-être de leurs animaux seront aussi récompensés.

Les programmes de sortie en plein air ou la stabulation respectueuse seront renforcés. La sélection animale sur la base de la santé et du bien-être des bêtes sera encouragée ainsi que le développement de réseaux de compétence et d'innovation. La manne fédérale sera aussi attribuée aux exploitants qui acquièrent des immeubles agricoles.

Tous ces éléments permettront aux exploitants de mieux se placer sur le marché. Ils pourront se démarquer de la concurrence au moyen de critères de qualité. Grâce à des labels, les agriculteurs pourront vendre une prestation écologique. Les clients sont prêts à payer plus cher pour ces produits, ce qui améliore aussi le salaire des paysans.

Afin de prétendre aux paiements directs, les futurs agriculteurs devront obligatoirement obtenir un Certificat fédéral de capacité et suivre trois modules d'économie d'entreprise.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Vouzaittenull le 13.02.2020 14:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Globalement, ces réformes...

    ...tiendraient la route, si ce n'est qu'elles se basent sur des prémices totalement fausses. De la masse de green-washing qui nous envahit et du flot de défilés hurlant dans les rues, les autorités ont crû pouvoir en déduire que les gens sont prêts à s'engager concrètement en faveur de l'écologie. Mais ce n'est pas DU TOUT le cas. Ces personnes désirent se donner bonne conscience, c'est tout. Pointer du doigt les autres en meuglant qu'il faut sauver la planète, c'est facile et ça ne demande aucun effort. Mais changer quoi que ce soit à son mode de vie, renoncer au plus petit confort, à la moindre commodité, se priver du moindre superflu, personne ne veut le faire. Alors on hurle, crie, gesticule, afin que ce soit les autres qui le fassent. Notre société n'a pas du tout pris le virage de l'écologie. Simplement celui de l'hypocrisie.

  • Ghin le 13.02.2020 14:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et les privés ?

    On en fait quoi des petits privés qui épandent une dose considérable d'engrais ou de produits phyto sans même regarder les dosages prescrits ? Parce qu'il y en a ...

  • Sniffff le 13.02.2020 13:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bureau ou terrain ? ??

    Non mais il est tombé sur la tête le Parmelin. Les gens sont prêts à payer plus chère leurs produits. Avec les charges qu'ils ont à payer et un pouvoir d'achat restreint . L'agriculture vue depuis derrière un bureau ne ressemble pas à celle du terrain et les salaires idem et dans le même sens.

Les derniers commentaires

  • djodi le 13.02.2020 22:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réfléchir

    A tte ces personnes qui veulent interdire tous pesticides , on va leur interdire tous médicaments durant leur vivant ! peut-être un jour ils penseront que la nature a aussi besoin de l'aide de l'homme

    • Roger le 14.02.2020 10:05 Report dénoncer ce commentaire

      Volontiers

      Avec plaisir, ne prenant aucun médicament et ayant un grand terrain sans utiliser aucun pesticide, je n'en vois pas ni le besoin ni l'intérêt. Et si on renforçait nos corps et nos sols à la place ? Ah, tiens... l'industrie pharma-chimique s'écroulerait, il faut des malades et des faibles pour faire tourner l'économie, bla-bla-bla.

    • Mendrisiotto le 14.02.2020 17:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Roger

      Mon père est décédé à 95 ans jamais vu de médecin, ma mère s:en est allée à 94 ans, mis à part notre naissance à moi et ma soeur, jamais malade,Fruits et légumes tous les jours viande et poissons 1 fois par jour et pour moi je suis dans le même tir à part les vaccins annuel, pas de problèmes, Du bio n:a pas été de mise chez moi Je mange de tout, alors expliquez moi C'est l:hygiène de vie le manque de repos vous courrez après le temps après de l'argent, Le changement de mode de vie de votre génération,, Vous vivez demain et vous oubliez aujourd'hui, Un jour après l'autre, mais faites bien votre journée avec satisfaction demain est un autre jour

    • SULLY CLOT le 23.02.2020 14:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      MESURES FERALES

      Des mesures ECOLOS,LE CONSEIL FEDERAL,N'Y CONNAIS RIEN.

  • Claude52 le 13.02.2020 17:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sans

    Mais vendez si vous n'arrivez pas à en vivre,c'est simple comme choix, ne vous sentez pas seuls,d'autres y ont passés avant vous sans toucher des subsides à longueur d'années.Vos commentaires ne changeront rien à cette vérité.

    • djodi le 13.02.2020 22:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Claude52

      trop nul comme commentaire

    • Lopet de Vegas le 14.02.2020 15:34 Report dénoncer ce commentaire

      Un choix

      Libraire de métier, j'ai dû me résigner à changer de profession à quarante ans car je n'arrivais pas à vivre avec mon commerce. Normal pour les uns, impensable pour les autres...

  • aziz le 13.02.2020 15:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    de toute facon

    on va faire tellement peur au gens avec le texte sur l immigration contrôlée qui le peuple va voter a gauche toute, ouvrant ainsi la voie a la suprématie de bruxelles qui va mettre sa politique agricole commune en place en suisse. vous savez, celle la même qui génère un suicide tous les deux jours dans le monde paysant rien qu en france

    • Bernard Meyer le 13.02.2020 18:08 Report dénoncer ce commentaire

      aziz

      Vous pouvez me faire autant peur que vous voudrez, je ne vous vise pas personnellement Monsieur aziz mais personne ni aucun parti n'arrivera à me manipuler. Je vote ce que je veux.

  • Dvd le 13.02.2020 15:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Très Lent Changement de paradigme

    Peut être que si on réintroduisait un cours de microbiologie des sols on se rendrait compte que les pesticides stérilisent et déséquilibrent la terre... et entraîne dans un cercle vicieux du toujours plus d'engrais et de pesticides...résultats plus de maladie et de pollution, etc. La permaculture ramène du bon sens là où il n'y en a plus et entraîne un cercle vertueux - plus de vie, plus de santé, plus d'équilibre. Résultats : Moins de nuisibles (indésirables) et moins de maladie. La terre s'enrichit.

    • Philippe le 14.02.2020 07:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Dvd

      Doux rêveur....

  • Claude52 le 13.02.2020 14:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sans

    Faites le calcul est vous arriverez à un total JOURNALIER de 9,5 MILLIONS de SUBSIDES à l'agriculture en plus d'avoir les prix les plus chers du monde.Merci les pigeons Suisses.

    • BC le 13.02.2020 20:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Claude52

      subside??? non paiement direct. un paiement direct est octroyé lorsque une prestation précise a été faite. pas de prestation, pas de paiement. subside = aide non remboursable pour les caisses maladies pour les petits salaires. merci d arrêter de parler de subsides aux agriculteurs..

    • logique le 14.02.2020 10:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Claude52

      les subsides ne sont autres qu'une baisse du prix a la consommation, alors on peut les donner directement a chaque citoyen, environ 500 francs chacun, et nous on produit au prix suisse. on ne peut pas être le pays le plus riche au monde, manger pour seulement 7% de la moyenne des salaires suisses et ne pas avoir besoin de l'etat pour faire le tampon. de plus certains me font rire, l'agriculture doit garder des grandeurs humaines, mais produire bon marché.impossible. en franceles projets des futures etables laitieres est a 400 vaches, si non ils ne s'en sortent plus.ou est l'erreur, on veut, mais on ne veut pas payer.

    • Les agriculteurs Suisses le 14.02.2020 11:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @logique

      Doivent produire des choses qui valent des centimes/kilo dans un pays qui a les coûts de la vie les plus élevés au monde alors que même la production de bien de haute technologie et cher devient difficile. Leur métier est des plus nobles et vital à chaque pays. Un paysan devrait pouvoir vivre décemment de son travail comme tout le monde. Malheureusement il doit faire de la production intensive pour survivre avec tout ce que cela implique. C est à l état en priorité de permettre aux paysans de produire de la qualité, sans trop de chimie et de vivre décemment.On serait moins malade aussi...

    • logique le 14.02.2020 12:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Les agriculteurs Suisses

      agriculteur de métir, j'ai de la chance, je produit a 100% du gruyere AOP, un produit de niche exporté a 50%. Donc de par ma situation de roducteur d'herbe, pas besoin de pesticide et j'en suis heureux, mais ce qui me érange, c'est que lorsque que l'on produit du haut de gamme, les gens achètent, c'est du plaisir. mais lorsque l'on produit pour l'obligatoire, les besoins vitaux, c'est toujiurs trop chére, nous somme des bâtés, une generation de loisirs