Zurich

04 octobre 2012 12:00; Act: 04.10.2012 18:42 Print

Une thérapie suit souvent le suicide assisté

par Olivia Fuchs/ats - Une personne sur quatre ayant participé au suicide assisté d'un proche souffre d'une maladie psychique. C'est ce qu'a démontré une récente étude de l'Université de Zurich.

Une faute?

«Il faut savoir dans quoi on s'embarque avant de participer à un suicide assisté», conseille Birgit Wagner de l'Université de Zurich. Avec l'aide de plusieurs chercheurs, elle a étudié l'impact psychique d'une telle expérience. Pour cela, elle a interrogé 85 personnes ayant accompagné jusqu'au bout un proche dans sa volonté de mettre fin à ses jours, encadrée par l'association Exit. Les résultats ont été publiés récemment dans la revue «European Psychiatrie». Près de 20% souffrent d'un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et 16% sont dépressifs. Généralement, le SSPT se manifeste quelques semaines ou quelques mois après un évènement traumatisant. Les symptômes: cauchemars, problèmes de sommeil, mauvaise humeur ou difficultés à se concentrer, relate le «Tages-Anzeiger».

Selon Exit Suisse alémanique, cette recherche n'est pas représentative: elle se base sur un échantillon «purement aléatoire» s'étendant sur une période trop courte et une aire géographique très limitée. Ses résultats ne correspondent pas à ceux d'études semblables émanant de Hollande et des Etats-Unis, souligne l'association dans un communiqué.


Environnement social

«Il s'agit là de graves conséquences psychiques», affirme Birgit Wagner. S'il est tout à fait normal que la mort d'un proche puisse avoir ces effets, l'étude a démontré que ces troubles mentaux se manifestaient plus souvent après avoir assisté à un suicide accompagné. «Un quart des concernés doivent suivre une thérapie», résume la responsable de l'étude. Cette dernière précise que l'environnement social joue un très grand rôle. Les chercheurs ont en effet découvert que les cas de SSPT étaient plus fréquents lorsque les personnes se sentaient rejetées ou peu soutenues par leur entourage. «Nombreux sont ceux qui ne se sont pas confiés, explique Birgit Wagner. Les concernés pensent que leur entourage ne soutient pas le concept d'assistance au suicide.»