Soleure

22 juillet 2014 10:01; Act: 22.07.2014 14:53 Print

Une villa de 1,2 million pour des requérants

La commune d'Oensingen (SO) a acquis une maison avec piscine pour 1,2 million de francs afin de la réaménager en dépôt. La villa est désormais censée accueillir des requérants.

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En automne dernier, Franz Marti a vendu sa villa - dans laquelle il a habité durant 50 ans avec sa femme - aux autorités communales d'Oensingen pour 1,2 million de francs. La commune soleuroise lui avait assuré qu'elle voulait y construire un centre communal d'entretien.

La décision de déménager dans un home pour personnes âgées avec son épouse a été facile, a raconté mardi le Soleurois de 91 à «Blick»: «Nous avons accepté parce que ma femme avait des soucis de santé. Je ne suis pas non plus tout jeune. Deplus, nous pensions que la commune allait construire un dépôt sur notre terrain et que notre villa allait abriter des bureaux.»

Mais le nonagénaire n'est pas près d'oublier la nouvelle que deux employés communaux lui ont annoncée il y a un mois: sa villa avec piscine va finalement servir à héberger des requérants d'asile. Franz Marti, dont la femme est décédée entre-temps, se sent floué par sa commune: «On m'avait assuré à la vente qu'il n'y aurait pas de requérants dans ma maison! Je n'ai rien contre ces personnes. Je trouve par ailleurs qu'elles ne devraient pas être logées dans des abris de protection civile, mais une villa c'est trop. C'est trop de luxe.»

Une situation «provisoire»

Contacté par le quotidien alémanique, le président de la commune Markus Flury (PLR) se justifie: «Nous n'avions pas planifié cette urgence. Nos communes subissent une forte pression des autorités cantonales en raison du grand nombre de réfugiés qui arrivent dans notre pays.» Actuellement, Oensingen n'accueille que 22 requérants d'asile. Mais la commune devrait en héberger 41. Résultat: si elle ne respecte pas son quota, elle devra payer 1050 francs par personne non logée. Ce qui ferait 239'400 francs par année, explique Markus Flury. «Nous n'avons pas d'autre choix. Nous ne disposons d'aucune place.»

Une famille syrienne d'environ 15 personnes devrait prendre ses quartiers encore ce mois dans la villa soleuroise. Des travaux d'aménagements pour environ 20'000 francs sont effectués en dernière minute. «Ils ne vivront pas comme dans une villa. Cette situation provisoire ne durera que deux ans au maximum», assure Markus Flury.

(ofu)