Berne

02 mars 2011 11:48; Act: 02.03.2011 12:13 Print

Une visite touristique pour immigrés

Des migrants ont été invités à visiter des sites historiques de la capitale. Des «vrais touristes» suisses pourront bientôt visiter le monde des migrants à Berne.

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Hartmut Haas (à dr.) et le groupe d'immigrés, lors de leur visite de la Nydeggbrücke, à Berne. (Photo: Beat Mathys/Berner Zeitung)

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Munis de casquettes rouges arborant le nom de la ville fédérale, un petit groupe de migrants bernois et trois cadres de la Maison des religions s’arrêtent sur la Nydeggbrücke, à l’extrémité sud de la Vieille ville de Berne, pour admirer l’église éponyme, un peu en aval.

Tharmalingam Sasikumar, un prêtre hindou tamoul de 36 ans, raconte à ses collègues et aux guides comment les autorités de la ville ont prêté cette église à la communauté tamoule, en 2009, pendant les combats meurtriers qui ont marqué l’apothéose et la fin de la guerre civile au Sri-Lanka.

La Nydeggkirche n’est qu’une des étapes de cette visite touristique pas tout à fait comme les autres, organisée par Hartmut Haas, le directeur de la Maison des religions. Les quatre migrants et leurs accompagnateurs l’ont entamée d’une manière assez inhabituelle en se rendant au Galgenfeld, le «champ de la potence», l’endroit où l’on exécutait les petits criminels mais aussi les meurtriers sous l’Ancien régime, à Berne.

«Cette visite est la première du genre», confie Hartmut Haas à la «Berner Zeitung». «Dans un deuxième temps - en avril prochain j'espère - nous voulons faire visiter à de «vrais» touristes les quartiers et immeubles dans lesquels vivent les immigrés de chez nous», continue-t-il. «Pour autant que cela intéresse quelqu’un».

Une ville multiculturelle

Après un saut dans la cathédrale pour illustrer le thème un brin austère de la réforme protestante, le petit groupe se rend dans la Vieille ville où Hartmut Haas leur montre les devantures de magasins et de boutiques appartenant à d’anciens migrants. «Du point de vue de la multiculturalité, cette partie de la ville est exemplaire», explique-t-il à ses auditeurs.

Habillée comme une «vraie touriste»

Balasundaran Sarojiniderri, réfugiée tamoule elle aussi, vit depuis 24 ans à Berne. Elle avoue mal connaître cette partie de la capitale fédérale. Sous son manteau d’hiver, elle porte une robe couleur framboise: «Lorsque je me suis annoncée pour cette visite, on m’a dit de m’habiller comme une touriste», raconte-t-elle en souriant.

(rga)