Crimes pédophiles

05 février 2011 11:58; Act: 05.02.2011 12:21 Print

Vers un durcissement des règles

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga veut renforcer l'interdiction de travailler pour les criminels pédophiles.

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Le cas de l'éducateur bernois a «profondément choqué» Simonetta Sommaruga. (Photo: Keystone)

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Sur la base d'une motion, la ministre de la justice va présenter une proposition en ce sens prochainement à ses collègues du Conseil fédéral.

Dans une interview accordée samedi à la «Neue Luzerner Zeitung», Simonetta Sommaruga se refuse toutefois à dévoiler les lignes exactes de la nouvelle règlementation. «Je ne veux pas devancer le Conseil fédéral», explique-t-elle.

La ministre socialiste se dit «profondément choquée» par le cas de l'éducateur bernois qui a abusé d'au moins 122 personnes. «Ma première question a été: n'aurait-on pas pu l'en empêcher?». En conséquence, chaque personne impliquée dans cette affaire doit maintenant faire un grand travail de remise en question, selon elle.

L'extension de l'interdiction de travailler aux criminels pédophiles qu'elle proposera répond de fait à une motion du conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE), acceptée par le Conseil fédéral et le Parlement.

Interdiction plus large

Les auteurs de délits sexuels condamnés se voient déjà interdits de pratiquer un métier lorsqu'ils retrouvent la liberté, mais seulement lorsque leur crime a eu lieu en relation avec leur profession. La motion propose de donner la possibilité au juge d'étendre cette interdiction. Ainsi, un maître d'école qui aurait abusé de mineurs durant son temps libre ne pourrait plus du tout enseigner.

De manière plus générale, il s'agit de faire en sorte que les pédophiles soient mieux tenus à distance d'enfants. Ils ne pourraient par exemple plus faire partie d'associations ou de groupements dont les activités ont lieu avec des mineurs.

Par ailleurs, Simonetta Sommaruga annonce que le message concernant l'application de l'initiative pour l'imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine, acceptée par le peuple en novembre 2008, sera présenté ce printemps au Conseil fédéral. Dans le cas de l'éducateur bernois, quelque 90 abus ne peuvent plus être poursuivis car ils sont prescrits selon la loi actuelle.

Deux victimes sur trois mineures

Dans une interview accordée au «Bund», la cheffe des enquêtes spéciales de la police judiciaire bernoise, Gabriele Berger, précise que «deux tiers des victimes étaient mineures». Parmi celles-ci, «les quelques enfants non-handicapés de collègues étaient très jeunes».

La responsable de l'enquête précise encore que l'éducateur se montre très coopératif et qu'»il a fait part lui-même de tous ses crimes». Elle n'exclut toutefois pas que quelques autres cas apparaissent encore au cours des investigations.

Cette enquête est à de nombreux égards exceptionnelle, explique encore Gabriele Berger. «Dans d'autres cas, nous avons les déclarations des victimes et l'auteur ne dit rien. Dans celui-ci, l'auteur parle, mais la plupart de ses victimes ne peuvent pas s'exprimer.»

(ats)