Suisse

10 juillet 2018 14:20; Act: 10.07.2018 14:20 Print

Winterthour empêche toujours Daech de recruter

Lancé en octobre 2016 après le départ de jeunes djihadistes en Syrie, le mandat du service de prévention contre l'extrémisme et la violence de Winterthour est prolongé.

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Nicolas Gallade a donné une conférence de presse sur le bilan du service de prévention contre l'extrémisme ce 10 juillet 2018. (Photo: Keystone)

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Le service de prévention contre l'extrémisme et la violence (FSEG) devait en principe terminer ses travaux à la fin de l'année en cours. Il les poursuivra finalement afin de pouvoir continuer à réagir rapidement et de manière adéquate à d'éventuelles nouvelles tendances de radicalisation, indique mardi la ville de Winterthour (ZH). Cette dernière invoque l'utilité du réseau rôdé du FSEG.

Population rassurée

En 18 mois d'existence, le service a fortement contribué à détendre l'atmosphère au sein de la population, estime la ville. Il a aussi apporté sa pierre à l'édifice du Plan d'action national de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent.

L'expérience montre que le besoin de conseils subsiste. Pour ce faire, une cellule indépendante des services de sécurité est nécessaire afin que la population, des travailleurs sociaux ou des enseignants puissent s'informer. De cette manière, on peut renforcer l'environnement social d'une personne et aborder un conflit avant qu'il ne dégénère.

Petite minorité de cas dangereux

Depuis octobre 2016, le service de prévention de Winterthour a traité 76 demandes de conseils. La quasi-totalité d'entre elles (68 cas) concernait des personnes risquant de basculer dans l'extrémisme ou la violence. Dans la grande majorité de ces cas, il n'y a eu aucune mise en danger. Il s'agissait d'atteintes à des normes sociales, de provocations et d'activités religieuses.

Dans cinq cas en revanche, les personnes concernées ont montré des signes de propension à la violence contre elles-mêmes ou contre d'autres personnes. Ces cas ont suscité une collaboration étroite entre le service de prévention FSEG et le service de protection contre la violence de la police.

Séances d'information

Doté d'un poste à 80%, le FSEG a aussi mis sur pied une cinquantaine d'activités à but informatif. Parmi elles: des séances d'informations pour les parents, la mise en place de directives dans les écoles et des ateliers de formation continue pour les personnes travaillant dans les services sociaux.

Le FSEG entretient des liens étroits avec le service municipal d'encouragement à l'intégration et avec les agents de police spécialisés dans le contact avec les minorités. Cette collaboration représente un plus pour agir de manière adaptée et coordonnée dans les situations difficiles, écrit la ville de Winterthour.

Aussi à Zurich, Berne, Bienne et Genève

Les autorités municipales ont ouvert ce service après avoir constaté le départ de jeunes djihadistes vers la Syrie. La mosquée An'Nur de Winterthour a aussi fait régulièrement parler d'elle dans ce contexte.

Zurich et Berne disposent d'un service similaire à celui de Winterthour. A Genève, un dispositif de prévention impliquant des travailleurs sociaux a été mis en place sous la direction de la police cantonale. A Bienne, un centre de contact pour la prévention de l'extrémisme a été créé en août 2017.

(nxp/ats)