Suisse

01 mars 2019 10:53; Act: 01.03.2019 22:34 Print

Zurich veut voir l'imam de la mosquée An'Nur expulsé

par Pascal Schmuck, Zurich - S'il n'est pas expulsé avant avril, l'imam, condamné dans le dossier de la mosquée An'Nur, devra être remis en liberté. Le directeur de la sécurité de Zurich s'en inquiète.

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Le directeur de la sécurité du canton de Zurich, le socialiste Mario Fehr, a appelé la Confédération à se bouger. (Photo: Keystone)

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Ce vendredi 1er mars aurait dû être le grand jour de Karin Keller-Sutter avec sa nouvelle loi sur l'asile et ses procédures accélérées. Mais, hasard du calendrier ou non, la nouvelle conseillère fédérale a reçu une volée de bois vert administrée -une fois n'est pas coutume- des bords de la Limmat, relate le «Tages-Anzeiger».

Le directeur de la sécurité du canton de Zurich, le socialiste Mario Fehr, a clairement indiqué à la conseillère fédérale saint-galloise qu'il espérait que la Confédération allait expulser plus promptement les personnes condamnées. «Surtout les ressortissants algériens, marocains, éthiopiens ou érythréens, où nous constatons que Berne n'en fait pas assez», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le cas de l'imam prédicateur de haine

Mario Fehr a surtout évoqué le cas d'un imam éthiopien, condamné dans le dossier de la mosquée An'Nur de Winterthour. L'homme, qui peut être renvoyé dans son pays, est incarcéré à la prison de l'aéroport de Zurich jusqu'en avril 2019. Au-delà, il devra être remis en liberté.

«Karin Keller-Suter doit clairement faire comprendre à l'ambassadeur éthiopien que l'accord conclu entre nos deux pays n'a de sens que si ce prédicateur de la haine est renvoyé», a expliqué Mario Fehr, qui a demandé à la Conseillère fédérale d'en faire un dossier prioritaire. «Nous manquons de temps», s'est-il alarmé.

La conseillère fédérale lui a répondu en marge de sa conférence de presse à Berne. Elle a assuré que «la Confédération faisait tout ce qui est en son pouvoir pour résoudre ce dossier.» Et de rappeler que le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) ainsi que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) étaient impliqués.

Désaccord sur la nationalité

Le dossier a pris du retard parce qu'il existe actuellement un désaccord sur la nationalité réelle de l'homme, explique le «Tages-Anzeiger». Mais les autorités fédérales assurent qu'elles poursuivent les mêmes intérêts que leurs homologues zurichoises en termes de sécurité et de coûts.

Ce cas illustre un problème récurrent des rapatriements en raison de l'absence d'accords. Ces impossibilités de renvois interviennent souvent dans les pays du Maghreb en dépit de décisions juridiquement contraignantes en matière d'asile ou de condamnations pénales. Ces pays refusent en effet de reprendre leurs citoyens expulsés et le Conseil fédéral ne dispose pas des moyens nécessaires pour faire appliquer unilatéralement les réadmissions.

(nxp)