Zurich

14 septembre 2018 22:56; Act: 15.09.2018 07:06 Print

Du sursis pour lui avoir fait vivre un «cauchemar»

Un trentenaire a écopé jeudi d'une peine clémente pour tentative de contrainte sexuelle. Pourtant, il avait fait subir à sa victime un réel «cauchemar» en juillet 2017.

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«Nous n'avons pas l'impression d'avoir prononcé un jugement trop sévère.» Tels étaient les derniers mots prononcés jeudi par le président du Tribunal de district d'Uster (ZH). Et personne, même pas l'accusé, ne l'a contredit, rapporte ce vendredi le «Tages-Anzeiger». Dans son plaidoyer, la procureure avait pourtant qualifié les faits de véritable «cauchemar».

Le prévenu, un Suisse de 31 ans, avait attaqué sans raison une femme à Dübendorf (ZH), en juillet 2017. Il avait approché sa future victime de 35 ans en exigeant: «Suce-moi!» Paniquée, la trentenaire était parvenue à alerter la police et à lui signaler son emplacement. Au lieu de s'enfuir, l'homme avait continué à la harceler. Il avait fini par frapper la tête de la femme contre la vitre de l'arrêt de bus. Ensuite, il l'avait rouée de coups de poing, lui causant divers hématomes ainsi qu'une lèvre et un nez en sang. Avant l'arrivée des secours, il avait plaqué son sexe sur sa joue gauche.

Psychothérapie

Tandis que l'agression a été plus que traumatisante pour la trentenaire, son agresseur, lui, ne se rappelle de rien. Le soir des faits, il avait consommé de grandes quantités d'alcool et de cocaïne.

Le tribunal l'a condamné à 24 mois de prison avec sursis pour tentative de contrainte sexuelle. Il est tenu de suivre une psychothérapie durant les 4 ans de période probatoire dont la peine a été assortie.

Déboussolé par la mort de deux proches

A l'annonce du verdict, la Cour a rappelé que le Suisse aurait dû, de manière purement objective, écoper d'une peine privative de liberté de 3 ou 4 ans. Or les juges ont retenu diverses circonstances atténuantes en sa faveur. Vu son état au moment de l'agression, le tribunal a estimé qu'il n'a pas été en mesure de contrôler ses actes. Et malgré le fait de n'avoir aucun souvenir du soir en question, il a accepté tout ce que la victime lui a reproché.

Depuis les faits, le prévenu a, par ailleurs, arrêté de boire et de consommer de la drogue. Il suit actuellement un traitement psychiatrique. Autre circonstance atténuante: peu avant d'agresser la femme, il avait appris la mort de deux personnes très proches. Ces deux décès, intervenus en l'espace de 4 semaines seulement, l'avaient totalement déboussolé.

(ofu)