Lac Léman

02 septembre 2013 18:42; Act: 02.09.2013 18:43 Print

«Etre prioritaire ne signifie pas avoir le droit de tuer»

par Francesco Brienza - Au lendemain de l’accident entre un voilier et un bateau de la CGN, certains problèmes de cohabitation sont dénoncés. Explications.

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Les langues se délient après la collision qui a fait deux blessés en marge d’une régate, dimanche au large de Nyon (VD). Double vainqueur du Bol d’Or, le barreur du voilier accidenté revient sur son calvaire. «Je n’ai rien vu, raconte-t-il, toujours très affecté. En une seconde, j’ai été éjecté. Je suis passé sous la roue à aubes et je suis resté pratiquement une minute sous l’eau!»

Dans les sociétés nautiques du Léman, l’accident ne laisse personne indifférent. «La semaine dernière, un navire s’est aussi approché de notre zone de course, explique Robert Buchet, du club de Rolle. Heureusement, nous avons pu repousser le départ.» Selon lui, les capitaines des bateaux de la CGN n’ont pas tous la même sensibilité face aux voiliers en régate. «La plupart ralentissent ou dévient leur trajectoire. Mais certains klaxonnent et passent tout droit.» Anonymement, d’autres navigateurs sont moins diplomates. «Etre prioritaire ne signifie pas avoir le droit de tuer!» Christian Schlaeppi, président du comité d’organisation de la régate de Nyon, rappelle que chaque manifestation est annoncée à la police. Puis la CGN valide ou non l’événement. «C’était le cas dimanche», souligne-t-il.
Contactée, la compagnie prend la défense de ses capitaines. «Ils sont tous professionnels et assermentés, rappelle Kathia Mettan. Oui, ils doivent respecter un horaire, mais la sécurité prime toujours.» Et la porte-parole de souligner qu’un tel accident est «rarissime» sur le Léman.

Aux dernières nouvelles, l’état de santé du jeune blessé était stable. «Mais on s’inquiè­te pour son moral», conclut un proche.