Prof de gymnase viré

20 août 2019 18:02; Act: 20.08.2019 18:05 Print

«Il ne s'agit pas d'une affaire banale»

Interrogée sur l'affaire de l'enseignant lausannois licencié pour des propos déplacés, Cesla Amarelle déplore une «communication asymétrique».

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«On ne peut pas parler des griefs de licenciement sous peine de rétorsion judiciaire», a rappelé la cheffe du DFJC. (Photo: Keystone)

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Le département vaudois de la formation ne peut guère s'exprimer sur l'affaire de l'enseignant de gymnase lausannois licencié avec effet immédiat cet été. Mais Cesla Amarelle maintient sa position et regrette une «communication asymétrique».

«L'enseignant et le syndicat se répandent largement dans la presse. Eux racontent leur version des choses, alors qu'au département et à la DGEP (Direction générale de l'enseignement postobligatoire), on est tenu de respecter strictement la protection de la sphère privée, donc on ne peut pas parler des griefs de licenciement sous peine de rétorsion judiciaire», a expliqué mardi la conseillère d'Etat en marge de la conférence de presse sur la rentrée scolaire vaudoise.

S'agissant des motifs de licenciement, ils ont été considérés comme «graves et extrêmement graves» par un rapport d'enquête que la DGEP et le département ont demandé, précise la socialiste. «Il ne s'agit pas d'une affaire banale et les propos ne sont pas occasionnels».

Zéro problème ailleurs

Et de glisser que le problème ici n'est pas l'oeuvre. Celle-ci a d'ailleurs été enseignée dans ce gymnase et dans d'autres établissements sans poser le moindre souci, poursuit la ministre.

Cesla Amarelle a aussi tenu à souligner «l'entière liberté pédagogique» dont bénéficient les enseignants. «On leur fait une totale confiance». Et d'ajouter que cette affaire ne changera rien, le département ne fera pas de dirigisme en la matière.

Trente ans d'enseignement

Suspendu ce printemps puis licencié, cet enseignant du gymnase de 58 ans dit avoir été mis à la porte après avoir tenu des propos crus liés à une oeuvre littéraire. Sa suspension avait fait réagir des collègues, qui estimaient cette mise à pied disproportionnée.

Sur son site internet, l'Association vaudoise des maîtres de gymnase dénonce «un pataquès général aux conséquences ravageuses» de ce qui n'était au départ qu'un «banal conflit scolaire entre un enseignant et un groupe d'élèves». L'affaire est désormais portée devant le Tribunal des Prud'hommes de l'administration vaudoise.

(nxp/ats)