Vaud

12 avril 2018 18:23; Act: 13.04.2018 09:10 Print

Convoi de fonds attaqué et incendié: la vidéo

par Frédéric Nejad Toulami - Des braqueurs sont parvenus à prendre la fuite avec un magot volé dans un fourgon attaqué à la kalachnikov, la nuit passée au Mont-sur-Lausanne. On ne déplore aucun blessé.

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«A posteriori, quand on voit les dégâts et qu'on réalise les moyens qu'ils ont utilisés, dont des armes à feu, ça fait peur!» Virginie a passé une courte nuit avant de partir travailler ce jeudi matin. C'est qu'elle était aux premières loges lorsque des braqueurs se sont violemment attaqués à un véhicule de transfert de fonds, au Mont-sur-Lausanne (VD) peu avant une heure du matin, pour repartir avec une partie du butin, selon la police. Avec sa famille, elle habite dans un bâtiment de la zone industrielle en Budron, juste à côté duquel l'impressionnant fait divers s'est produit. Sur place, il ne demeure plus qu'une odeur âcre de brûlé, des traces calcinées au sol et le bulbe d'un lampadaire fondu, ainsi que le phare d'un véhicule d'entreprise. Preuve que le brasier a été vif et impressionnant cette nuit-là.

En effet, pas moins de quatre véhicules ont été incendiés par les criminels une fois leur forfait commis. «J'ai entendu du bruit peu après minuit et demi, et j'ai cru que c'était mes filles devant la télévision alors je leur ai demandé de baisser le volume, mais ça venait en fait de l'extérieur, raconte Virginie. Puis, il y a eu comme le bruit d'une scie électrique durant plusieurs minutes, ainsi que des cris, mais nous avons pensé que c'était de nouveau des jeunes qui venaient s'amuser bruyamment dans le quartier en pleine nuit.» Il s'agissait en fait probablement de l'outil qui a permis aux assaillants, munis d'armes à feu dont une kalachnikov, selon la police, de forcer le coffre arrière du fourgon pour accéder au magot. Ils l'avaient auparavant percuté avec deux voitures de livraison, puis ont forcé sous la menace les deux employés à sortir de leur habitacle. «Lorsque j'ai ouvert la fenêtre de notre appart, j'ai vu des véhicules embrasés puis des secours arriver.»

Préparation des malfrats

Attachée de presse de la police cantonale vaudoise, Florence Maillard relève le niveau de préparation des malfrats, dont le nombre demeure inconnu. Ils sont parvenus à prendre la fuite avec d'autres véhicules. Quant à l'enquête, elle devrait aussi déterminer pourquoi les deux chauffeurs du fourgon sont sortis de leur véhicule au moment du braquage. «Mais nous conseillons toujours de ne pas jouer aux héros dans ce type de situation, souligne Florence Maillard: il ne faut pas tenter de tester la résistance du blindage de leur véhicule contre du gros calibre tiré avec une kalachnikov.»

Elle explique aussi qu'elle n'est pas en mesure de communiquer sur les mesures de sécurité dans ce type de convoi car cela relève de chaque société privée mandatée. Par contre, elle nous confirme qu'aucun hélicoptère n'a été engagé dans les opérations nocturnes de traque, et qu'aucun auteur n'a encore été retrouvé ce 12 avril en fin d'après-midi.

Convoyeurs fortement choqués

Quant aux deux convoyeurs de fonds, ils ne sont pas blessés, mais fortement choqués, indiquent les forces de l'ordre vaudoises. Ils ont bénéficié d'une prise en charge psychologique, tout comme des témoins qui ont assisté à ce braquage nocturne au Mont-sur-Lausanne et ont été menacés par les auteurs sur place. Une société de transport de fonds est située d'ailleurs à quelques mètres du lieu du braquage, dans la zone industrielle. Sur place, les employés se refusent à tout commentaires.

En février dernier, un fourgon blindé avait été vidé de son contenu sur un parking, près de l'autoroute à Chavornay (VD), par des criminels dont certains avaient pris en otage la fille du conducteur pour faire du chantage. Mais de nombreuses zones d'ombres persistent dans ce dossier. Et en mai 2017, un autre fourgon transportant plus de 40 millions de francs en numéraire et en pierres précieuses avait été braqué sur l'A1 près de Nyon (VD). Originaires de Lyon, les malfrats avaient fui vers la France où ils ont ensuite été arrêtés.

(nxp)