Saint-Légier (VD)

28 mai 2019 21:57; Act: 30.05.2019 16:27 Print

«Je ne sais pas combien de coups je lui ai portés»

par Yannick Weber - Le procès du drame de Saint-Légier s'est poursuivi mardi avec l'audition des proches de la famille et du père accusé d'avoir tué sa femme.

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Le couple, reclus, a connu une fin des plus tragiques. (Photo: Le Matin/chu)

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Etait-ce un assassinat prémédité, ou s'agissait-il plutôt d'une violente dispute qui a viré en drame sanglant? Le Tribunal criminel a cherché à comprendre comment ce mari aujourd'hui âgé de 81 ans a pu en arriver à porter des coups fatals à sa femme, à leur domicile à Saint-Légier en décembre 2016, avant de dissimuler son corps et de simuler son suicide. Les réponses de l'accusé aux questions de la présidente du tribunal laissent une grande part d'incertitude.

Altercation à l'issue fatale

Pour lui, tout est parti d'une altercation, comme il était de coutume dans cet environnement familial refermé sur lui-même et souvent conflictuel, notamment autour de questions d'argent. Pour le Ministère public, il s'agit d'un assassinat, en témoigneraient les recherches menées sur Google par ce mari, avant la mort de la victime, autour du lieu où son corps a finalement été abandonné. «Je ne sais pas combien de coups je lui ai portés», a tenté d'expliquer l'accusé, désorienté, diminué par une énorme toux, et essayant tant bien que mal de répondre aux questions insistantes de la présidente.

«Je changeais les roues de la voiture au garage. J'ai entendu ma femme crier dans la maison. Je suis monté voir ce qui se passait. Elle est venue contre moi, plus violemment que d'habitude... et j'avais cette foutue clé dans la main. J'ai tenté de lui saisir les poignets...», a dit l'accusé. La suite est floue. «Mais comment, en lui saisissant les poignets, a-t-elle alors reçu un coup aussi violent sur la tempe?» a demandé en vain la présidente. La victime gisait en tout cas ensuite au sol, saignant abondamment. L'homme dit avoir appelé sa fille, qui l'a aidé à cacher le corps dans un container avant de le jeter dans un ravin, près de la Veveyse.

«Je veux réussir à me pardonner»

Mardi, cette dernière a exprimé des regrets. «Que prévoyez-vous de faire après cette audience, Madame?» a demandé la présidente. «Je veux réussir, un jour, à me pardonner pour avoir maltraité le corps de ma mère», a-t-elle dit en pleurs.

De nombreuses questions restent à ce stade encore en suspens. La fille du couple a-t-elle participé au crime ou n'est-elle arrivée qu'après? La victime était-elle morte quand elle a été ligotée et enfermée dans le container, ou n'a-t-elle succombé qu'ensuite? Le réquisitoire de la procureure et les plaidoiries des avocats auront lieu mercredi.