Théâtre de Vidy

21 mai 2012 17:08; Act: 21.05.2012 17:14 Print

«La dernière de René sans René»

Le Théâtre de Vidy, à Lausanne, dévoile le programme de sa rentrée 2012-2013. Le menu, très dense, a été en grande partie préparé par son ancien directeur René Gonzalez décédé en avril.

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Le Théâtre de Vidy a dévoilé son programme 2012-2013 lundi. Il a été préparé par son ancien directeur, René Gonzalez, décédé en avril. (Photo: Keystone)

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Dix-huit spectacles dont douze créations s'égrèneront entre septembre et décembre. Malgré l'émotion encore vive provoquée par la disparition de René Gonzalez, le bateau n'a pas vraiment tangué, a déclaré lundi Vera Michalski, présidente du Conseil de fondation. Thierry Tordjman, administrateur, et René Zahnd, directeur adjoint, ont très vite accepté de reprendre le flambeau pendant la période de transition.

Regard vers l'avenir

Pour la ville, pour le public, une page importante se tourne, a déclaré Grégoire Junod, municipal lausannois de la culture et vice- président du Conseil de fondation. Cette saison sera empreinte d'émotion: ce sera la «dernière de René sans René». Mais il faut regarder également vers le futur, a-t-il déclaré.

Le Conseil de fondation nommera en juin une commission qui se mettra à la recherche d'un nouveau directeur. Puis sur proposition du Conseil, la Ville de Lausanne décidera du renouvellement à la tête de l'institution, probablement d'ici à la fin de l'année, selon Fabien Ruf, chef du Service lausannois de la culture.

Opéra, cirque et amour

Peu avant son décès, René Gonzalez avait déclaré: «La 23e, c'est la plus belle de mes saisons. The show must go on», ont rapporté René Zahnd et Thierry Tordjman en présentant les spectacles.

Parmi eux, «Le vieux de la montagne» de Patrick Sims ouvrira les feux le 5 septembre. Cet «opéra électromécanique pour marionnettes» inspiré d'une histoire perse, se déroulera sur un flipper géant. Comme à l'accoutumée, le début de saison offrira un spectacle de cirque, «Le bal des intouchables» de la compagnie des Colporteurs.

Catastrophe ordinaire

Mis en scène par Michel Raskine, «Le président» de Thomas Bernhard place le spectateur dans l'intimité d'un couple présidentiel tyrannique. Bertolt Brecht sera présent avec «La résistible ascension d'Arturo Ui». Il s'agit du portrait «d'un recordman du bagou qui vous fait avaler l'épluchure et le couteau», selon les mots du metteur en scène Gianni Schneider.

«De beaux lendemains», d'après Russell Banks, a pour point de départ une catastrophe ordinaire: un accident d'un bus scolaire provoquant la mort de 14 enfants. Le spectacle créé en 2010 est signé Emmanuel Meirieu.

«L'Atelier volant» et son trio patronal fantasque oscille entre lutte des classes et lutte des mots. Ecrite en 1970, la première pièce de Valère Novarina n'avait encore jamais été mise en scène par l'auteur.

Cabaret et portrait

A la demande de René Gonzalez, le cinéaste Jacob Berger passera à la mise en scène avec «Aminata» de Gilles Laubert également décédé récemment. Cette fable raconte l'échappée d'un «simplet» qui se retrouve avec une prostituée africaine, a-t-il relevé.

Dans un tout autre registre, «Miss Knife chante Olivier Py», le metteur en scène interprète ses propres chansons en talons hauts déguisé dans une formule cabaret. Dans le «Théâtre des opérations», Pierre Rigal s'immerge à Séoul et travaille avec une dizaine de danseurs coréens.

Schaubühne

Au menu également, «Une petite douleur» d'Harold Pinter, «les contes de Shakespeare», «Tu tiens sur tous les fronts», de Christophe Tarkos, «Etat des lieux» du Collectif Division ou encore «Cosmos», emmené par Dorian Rossel. Aurélien Bory poursuit dans «Plexus» ses portraits de femmes avec la danseuse japonaise Kaori.

Enfin côté musique, «Orphic Oracles» de la pianiste Sylvie Courvoisier et du violoniste Marc Feldmann parcourra des terres musicales inexplorées.

Partenaire de Vidy, Kléber-Méleau proposera huit spectacles pour sa prochaine saison. Il accueillera notamment Nancy Huston dans «Le mâle entendu» et «Mesure pour mesure» de Shakespeare par la Schaubühne Berlin sur une mise en scène de Thomas Ostermeier. Ce dernier devrait aussi être accueilli à Vidy dans la deuxième partie de la saison qui n'est pas encore entièrement sur pied.

(ats)