Caisses maladie

28 septembre 2016 10:29; Act: 28.09.2016 11:19 Print

«Les feux sont au rouge» pour lancer une initiative

par Jérôme Faas - La Fédération romande des consommateurs estime inopportun de lancer son texte maintenant, vu l'appui inexistant en Suisse alémanique.

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Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération Romande des Consommateurs (FRC). (Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

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La Fédération romande des consommateurs (FRC) n’est pas prête à lancer une initiative populaire pour modifier le système des caisses maladie. Lundi, juste après l’annonce de la hausse des primes en 2017, le conseiller d’Etat vaudois chargé de la Santé Pierre-Yves Maillard (PS) a pourtant appelé de ses vœux une telle initiative. Son homologue genevois Mauro Poggia (MCG) lui a immédiatement emboîté le pas. Mais mardi, le secrétaire général de la FRC, Mathieu Fleury, a douché leur enthousiasme.

«Tous les signaux sont au rouge»

Le projet de la FRC, qui proposait des caisses de compensation cantonales, demeure gelé. «Nous attendions l’impact des primes sur la partie alémanique du pays. La grosse question était: la Suisse allemande sera-t-elle assez impactée pour bouger? Actuellement, tous les signaux sont au rouge», analyse Mathieu Fleury.

L’idée, qui avait été mise en consultation en février, avait obtenu le soutien des exécutifs romands et d’Argovie. Ce front est jugé trop faible pour éviter une déroute. «Nous avons besoin d’alliés qui se manifestent. Il nous faut des relais en Suisse alémanique, qui feraient campagne», estime le patron de la FRC.

L’homme se désole que les Suisses allemands jugent simplement ne pas avoir besoin de réforme. «Ils ne veulent même pas nous laisser essayer, alors que nous ne les obligerions à rien.» C’est que pour tenter l’expérience des caisses cantonales, une autorisation fédérale est nécessaire. «Il n’existe donc que deux voies: l’initiative ou le Parlement, mais cette dernière option est la pire en termes de chances de succès.»

Outre le soutien de cantons, voire de partis, la FRC pourrait tabler sur celui des soignants. «Cela serait important pour nous, mais leurs faîtières sont aussi en mains alémaniques. Nous sommes coincés de toutes parts.»

«On ne va quand même pas attendre les Alémaniques!»

Lundi, Pierre-Yves Maillard avait jugé qu’une nouvelle initiative populaire sur les caisses maladie était «absolument indispensable». «Il n’existe pas d’autre choix, vu la configuration de droite dogmatique de notre Parlement national», avait abondé Mauro Poggia. L’élu a regretté que la FRC «se tâte parce que les Suisses allemands ne sont pas prêts. Mais quand donc seront-ils prêts? On ne va quand même pas attendre leur avis, puisqu’ils profitent du système!»