Lausanne

13 novembre 2018 07:05; Act: 13.11.2018 11:35 Print

«Pourquoi on continue à donner des seringues ici?»

par Frédéric Nejad Toulami - L'horaire de distribution de matériel stérile aux toxicomanes est réduit. Mais l’Etat ne cofinancera pas le local d’injection.

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Propriétaire d'un grand immeuble proche de la Riponne, John Dario se dit déçu du manque de cohérence entre Canton et Ville. (Photo: Fred Nejad T.)

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Les incivilités en lien avec la toxicomanie autour de la place de la Riponne, malgré l’ouverture d’un local d’injection non loin de là, finissent par faire réagir le canton de Vaud. Le Département de la santé et de l’action sociale annonce à «20 minutes», «en concertation avec les autorités lausannoises et la Fondation ABS», que le bus de distribution de seringues qu’il finance entièrement n’agira plus que de 19 h (au lieu de 17) à 21 h à la Riponne. Soit quand le local d’injection ferme ses portes, à la place du Vallon.

Serrures fracturées et vidéosurveillance coupée

«C’est bien d’agir sur l’horaire de présence du Distribus sur cette place, mais ça ne va pas régler les problèmes du quartier,» réagit John Dario, déçu. Ex-footballeur reconverti en agent de joueurs, ce Lausannois a racheté au Canton tout un immeuble à la place et l’avenue du Tunnel, en 2011. Ses locataires y subissent les incivilités de toxicomanes et de leurs dealers, surtout la nuit. «Ils fracturent les serrures des entrées du côté de la rue des Deux-Marchés, pour venir se soulager, se piquer, voire dormir dans les cages d’escaliers», décrit John, relevant aussi les câbles sectionnés de la vidéosurveillance.

Il se demande pourquoi on persiste à maintenir une distribution de seringues au centre ville et pourquoi le Canton n’aide pas financièrement Lausanne pour permettre à l’Espace sécurisé d’injection de rester ouvert tard en soirée.

(FNT)