Aviation

27 février 2019 07:03; Act: 27.02.2019 07:03 Print

«Skyguide fait du bon job, mais demeure trop cher»

Afin de soulager les finances des petits aéroports, la Confédération a libéralisé la navigation aérienne. Sans effet, pour l'instant.

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Les contrôleurs aériens suisses n'ont pour l'heure pas d'autre choix que de travailler avec Skyguide. (Photo: Keystone/image prétexte)

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Jacky Barben, chef de la tour de contrôle de l'aéroport des Eplatures à la Chaux-de-Fonds, considère que la sphère politique n'en fait pas assez. Ou, du moins, qu'elle travaille trop lentement. Son problème? Officiellement, Skyguide n'est plus en position de monopole en Suisse depuis le 1er janvier. Une décision prise pour soulager les finances des petits aéroports. Mais dans les faits, aucun autre prestataire de navigation aérienne n'est arrivé sur le marché suisse. Concrètement, rien n'a donc changé.

«L'impact de Skyguide dans nos finances est énorme! Et s'il faut deux ans pour mettre sur pied un nouveau concept, certains aérodromes auront peut-être mis la clef sous la porte d'ici là. Cela dit, qualitativement, Skyguide est un bon partenaire. Mais ses tarifs exorbitants ne sont pas justifiés. D'un autre côté, avec des prestataires étrangers, on ne sait pas trop où on met les pieds», résume Jacky Barben.

Les militaires ne sont pas concernés

L'aéroport des Eplatures n'est pas la seule structure concernée en Suisse. Tous les aéroports régionaux civils sont dans le même cas. Seuls ceux qui collaborent de près ou de loin avec l'aviation militaire, à l'image de Sion, n'ont d'autre choix que de collaborer avec Skyguide.

Du côté de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), le porte-parole confirme que, pour l'heure, aucune entreprise étrangère de navigation aérienne n'a demandé d'homologation pour la Suisse. Mais, le cas échéant, cela pourrait se faire rapidement. «Les exigences sont les mêmes en Suisse que dans le reste de l'Europe. Il ne devrait donc pas y avoir de complications», affirme Antonello Laveglia.

Néanmoins, l'OFAC estime que la meilleure solution est encore de réunir autour de la table les différents acteurs suisses. «On pourrait vérifier la nécessité et pertinence d'une partie des services de la navigation aérienne, ou tenter de diminuer les coûts pour les aéroports. Nous sommes conscients que certaines choses ne sont pas parfaites. Passer du système actuel à un système plus ouvert est un processus qui prendra plus d'un mois ou deux», souligne Antonello Laveglia.

(xfz)