Documentaire

30 janvier 2011 12:46; Act: 07.11.2013 16:11 Print

Skander Vogt à Bochuz: les dernières images

En mars 2010, le corps sans vie d'un détenu est extrait d'une cellule du quartier de haute sécurité de la prison. Dans le cadre d'une enquête, la TSR diffusera des images inédites.

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Un collectif a organisé une manifestation jeudi 9 janvier 2014 devant le tribunal cantonal vaudois où doit être lu le verdict dans l'affaire Skander Vogt. Dans la nuit du 10 au 11 mars 2010, le corps sans vie de Skander Vogt est extrait d'une cellule du quartier de haute sécurité de la prison de Bochuz (VD). L'émission «Zone d'ombre» de la TSR revient sur cette nuit tragique en proposant notamment des images des caméras de la prison. A 0h53, Skander Vogt met le feu à des textiles dans sa cellule afin de protester contre le refus de la direction de lui fournir une radio. A 1h05, après avoir ouverts une première porte de sécurité, deux gardiens utilisent une lance à eau pour éteindre le feu à travers les grilles d'une deuxième porte. Cette manoeuvre provoque une «fumée opaque et toxique qui envahit le couloir». La RTS propose aussi des extraits des conversations entre la prison et la gendarmerie vaudoise afin d'expliquer la lenteur des secours. Présents sur place, des ambulanciers patientent en attendant les policiers d'élite du canton (DARD), le détenu étant considéré comme dangereux. Skander Vogt est inconscient et toujours dans sa cellule plus d'une heure après avoir provoqué un incendie. A 2h31, les ambulanciers, un médecin urgentiste patientent toujours dans le couloir devant la cellule de Skander Vogt. Vers 2h35, la directrice de piquet ordonne aux gardiens de rentrer dans la cellule pour faire sortir Skander Vogt. Craignant que le détenu ne simule un évanouissement, les gardiens prennent encore quelques minutes pour s'équiper de boucliers de protection et de casques. Il est alors 2h44 quand le corps de Skander Vogt est sorti de sa cellule. soit 1 heure et 51 minutes après le début de l'incendie. Malgré les efforts des ambulanciers et du médecin, Skander Vogt ne pourra pas être réanimé... Dans son reportage, la RTS revient sur le parcours de Skander Vogt. Celui-ci est né le 6 mars 1980 en Tunisie dans une famille aisée. Son père est Suisse. Il est ingénieur en mécanique. Sa mère est Tunisienne. Elle est cadre supérieur dans une banque. Skander a une soeur, Senda, qui a 4 ans de plus que lui. Le futur s'annonce prometteur pour Skander, relève la RTS. Le malheur frappe toutefois les enfants deux fois lorsque Skander a 3 ans. Leur mère meurt d'une leucémie. Leur père les abandonne... Les enfants sont confiés à des parents proches avant de partir en Suisse.

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Après avoir mis le feu à son matelas et à des habits en signe de protestation contre le refus de lui fournir une radio, Skander Vogt a fini par mourir asphyxié. Considéré comme un homme violent et dangereux, il avait 30 ans.

L'émission de la TSR «Zone d'ombre» du 2 février 2011 revient sur la nuit de ce drame et tente de dresser la liste des dysfonctionnements qui ont provoqué cette issue tragique. Les services d'intervention ont mis près de deux heures avant de lui porter secours.

Témoignage de la soeur de Skander

La plainte pour homicide par négligence, déposée par sa soeur Senda Vogt, qui témoigne durant cette émission, a abouti à un non-lieu le 30 décembre 2010. Un recours a été déposé en janvier 2011.

«Pour raconter la mort de Skander Vogt, nous avions accès à l’excellent rapport du juge Rouiller, mais aussi aux images des caméras de la prison et aux conversations téléphoniques de la police qu’on trouve… sur Internet», a expliqué, au magazine «TéléTop», le journaliste William Heinzer qui a mené l'enquête avec Léo Bagnoud.

«En revanche, nous n'avons pas obtenu l’autorisation de filmer les scènes avec un acteur dans la prison de Bochuz. On les a tournées dans un sous-sol de la TSR. De plus, quelques personnes ne nous ont pas parlé parce que l'instruction était en cours, et si le chef du Service psychiatrique pénitentiaire vaudois était prêt à témoigner, sa hiérarchie le lui a interdit » poursuit-il.

(gco/comm)