Tribunal de Lausanne

04 octobre 2011 15:10; Act: 04.10.2011 15:25 Print

Accusé d'avoir contraint sa femme à avorter

Un trentenaire est accusé d'avoir forcé sa femme, enceinte de 15 semaines, à pratiquer un avortement illégal en Turquie. Il passe devant devant le Tribunal correctionnel depuis mardi.

Une faute?

Le procès d'un homme de 39 ans s'est ouvert mardi devant le Tribunal correctionnel de Lausanne. Il est accusé d'avoir forcé son épouse à avorter illégalement en Turquie, dans sa quinzième semaine de grossesse, en février 2007.

Le mari aurait notamment menacé à plusieurs reprises sa femme de la quitter, voire de la tuer si elle gardait son enfant. L'ex-belle- mère de l'époux, qui aurait été complice du crime, comparaît à ses côtés. Le jugement sera rendu ultérieurement.

Versions divergentes

Actuellement en procédure de divorce, les ressortissants turcs mariés depuis 2004 ont présenté des versions très divergentes des faits. Selon la jeune femme, son mari aurait exigé qu'elle se fasse avorter dès l'annonce de sa grossesse, en janvier 2007.

Il l'aurait contrainte en la menaçant de divorcer à se rendre à plusieurs reprises au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Comme elle parlait mal le français, il se chargeait de traduire ses propos au personnel hospitalier. Le délai légal étant dépassé et l'accord de la jeune femme ne pouvant être établi, le CHUV a refusé de procéder à l'interruption de grossesse.

Voyage en Turquie

L'homme a alors organisé un voyage en Turquie, où il aurait emmené de force son épouse. Sur place, un médecin a procédé à l'intervention au-delà du délai légal. Selon ses déclarations, la plaignante aurait été constamment surveillée par la famille de son mari jusqu'à l'avortement, et privée de son téléphone.

La coaccusée, âgée de 57 ans, aurait porté assistance à son ex- beau-fils. Elle aurait surveillé son épouse la veille de leur départ pour la Turquie et conduit le couple à l'aéroport, tout en sachant qu'elle ne voulait pas se faire avorter.

Tentative de suicide

Un mois après l'intervention, une violente dispute a éclaté au domicile lausannois du couple. L'homme a giflé son épouse et lui aurait asséné de nombreux coups sur tout le corps. Le lendemain, elle a tenté de se suicider en ingérant des médicaments et a dû être transportée en urgence au CHUV.

A l'audience, l'homme a admis qu'il savait que le délai légal était échu et a reconnu le caractère «malheureux» des faits, dont il n'est «pas fier». Selon lui, son épouse était d'accord d'avorter. Voyant que cela ne suffisait pas à sauver leur couple, elle lui en aurait par la suite voulu de cet échec.

Selon lui, en mars 2007, il n'aurait fait que répondre aux coups portés par son épouse. Son ex-belle-mère a également déclaré avoir cru que la jeune femme était d'accord de procéder à l'avortement.

(ats)