Vaud

30 janvier 2019 14:50; Act: 30.01.2019 21:27 Print

Action devant le siège de Vale à Saint-Prex

Ils étaient plusieurs dizaines à manifester devant le siège de l'entreprise minière, tenue pour responsable de la rupture d'un barrage au Brésil.

Il s'agissait de dénoncer notamment le manque de conscience écologique de l'entreprise.
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Une trentaine de militants ont manifesté mercredi après-midi devant le siège de Vale à Saint-Prex (VD). La multinationale exploite le site minier de Brumadinho au Brésil, dont le barrage s'est rompu vendredi, faisant une soixantaine de morts et près de 300 disparus.

Les manifestants ont déployé une banderole maculée de boue disant, avec ironie, «Thank you for choosing Switzerland» (merci d'avoir choisi la Suisse). Quelques-uns arboraient un masque à l'effigie des conseillers d'Etat vaudois Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard, ainsi que du conseiller fédéral Ignazio Cassis, principaux instigateurs, à leurs yeux, de la politique d'exonération fiscale qui attire les multinationales sur les bords du Léman.

Solidarité et indemnités

Cette action symbolique visait à exprimer leur solidarité à l'égard des victimes de la catastrophe sociale et environnementale de Brumadinho. Et à demander à Vale de «verser des indemnités à l'ensemble des victimes et de cesser d'extraire du fer et de stocker des boues dans ces conditions», a déclaré Jean-Michel Dolivo, d'Ensemble à Gauche.

Le syndicat international IndustriALL Global Union a regretté que Vale n'ait pas su tirer les leçons du passé. Un accident similaire était survenu en novembre 2015 dans la région. «De plus, un rapport montrait que ce barrage était dangereux. Vale savait, mais n'a rien fait», a dénoncé Valter Sanches, secrétaire général du syndicat.

Enquête approfondie

Selon lui, il existe" beaucoup de solutions techniques" pour éviter les dangers, mais cela nécessite des investissements. Le syndicat exige une enquête approfondie sur les causes de la rupture du barrage à Brumadinho. Et réclame une sécurisation immédiate des barrages de rétention des résidus.

A Saint-Prex, une délégation des manifestants a été brièvement reçue par la direction. Selon Françoise Pitteloud, du Collectif contre la spéculation sur les matières premières, durant cette entrevue, l'entreprise a affirmé «reconnaître sa responsabilité» dans le drame et s'est engagée «à verser des indemnités».

«Les indemnisations éventuelles des personnes touchées seront décidées de concert avec les autorités», a précisé Vale à Keystone-ATS. L'entreprise va faire don de 100'000 réais (environ 27'000 francs) aux familles de chaque personne disparue afin de répondre à ses besoins à court terme.

La multinationale «regrette profondément l'incident survenu le 25 janvier et déploie tous les efforts possibles pour apporter assistance et secours». Elle a créé un groupe de travail qui présentera ces prochains jours un plan visant à améliorer le niveau de sécurité de ses barrages. Selon Vale, le barrage qui a cédé était «conformes aux meilleures pratiques mondiales».

Pour rappel, le barrage de rétention des résidus exploités par la compagnie minière brésilienne a lâché vendredi dernier, provoquant une énorme marée de boue. Il y aurait 65 morts confirmés et 290 disparus, selon un bilan provisoire.

(nxp/ats)