Affaire du pitbull

22 juin 2010 13:00; Act: 22.06.2010 17:13 Print

Baxxter en sursis grâce aux vétérinaires

Les vétérinaires vaudois n'accepteront pas d'euthanasier sans raison valable le pitbull Baxxter qui a blessé un bébé en décembre dernier à Préverenges (VD).

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Les vétérinaires vaudois veulent connaître les critères qui ont amené le canton à décider de faire piquer le chien Baxxter, qui s'est attaqué à un enfant, à la fin de l'année.

«Nous ne sommes pas en train de faire un boycott, ni de la désobéissance civile. Nous voulons juste faire notre travail de professionnels», a expliqué mardi à l'ATS Marc Vingerhoets, président des vétérinaires vaudois, revenant sur une information du «Matin».

Le comité des vétérinaires vaudois a écrit en avril à la conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro pour lui demander les raisons qui justifient l'euthanasie du chien. Le canton n'a pas répondu sur le fond, car des procédures judiciaires sont en cours.

La Société vaudoise des vétérinaires est libre d'émettre des recommandations à ses membres, a réagi Erik Reumann, porte-parole du Département. Mme de Quattro souligne qu'elle est en charge de la bonne application de la loi et de la sécurité publique et qu'elle ne souhaite pas interférer dans les procédures en cours.

Pas de motifs arbitraires

Les vétérinaires rappellent que des principes éthiques, adoptés en 2005, leur interdisent «de procéder à l'euthanasie d'un animal sur des motifs arbitraires». «Il existe des critères clairs. Des analyses peuvent être faites», a ajouté M. Vingerhoets.

«Si le Département peut nous prouver que ce chien est dangereux, alors il n'y aura pas d'opposition. Mais il faut que les choses se fassent correctement», a précisé le vétérinaire lausannois.

Dangereux ou pas

Dans un premier temps, à mi-décembre, le canton avait décidé que Baxxter ne serait pas piqué et qu'il ne serait pas rendu à sa propriétaire, mais placé sous conditions strictes. Des test comportementaux avaient montré que le chien n'était pas dangereux.

La propriétaire s'est opposée à cette décision. Jacqueline de Quattro a alors averti que Baxxter risquait d'être euthanasié si le recours n'était pas retiré. La décision d'euthanasie, tombée en avril, fait actuellement l'objet d'un recours auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal.

Au secret

Le chien, détenu pendant quatre mois au refuge de la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA), a été déplacé dans un lieu tenu secret. «On a pensé que j'allais le subtiliser, et je l'aurais fait: ce chien ne mérite pas d'être mis à mort», a confié Samuel Debrot, président de la SVPA.

(ats)