Lausanne

03 avril 2013 07:01; Act: 03.04.2013 07:01 Print

Beaucoup de travail pour devenir humoriste

par Joël Espi - Un collège propose des cours de one-man-show à ses élèves depuis le début de l'année. Un important investissement pour ces jeunes qui monteront pour la première fois sur scène en mai.

Une faute?

«Faire de l'humour, c'est pas évident. Ecrire un texte, l'apprendre, le mettre en scène, c'est beaucoup de travail». Créateur du Swiss Comedy Club, Ivan Madonia a résumé ainsi son travail au collège Isabelle-de-Montolieu, dans les hauts de Lausanne, la semaine dernière. Le producteur était invité pour y donner des «cours d'humour» à de jeunes volontaires. Ceux-ci monteront sur scène à l'occasion du Vennes Art Festival, qui aura lieu du 23 au 25 mai. S'ils étaient neuf à s'être inscrits, quatre ont finalement décidé de rester pour le spectacle.

Une passion naissante

Stefano, Khaled et Brandy se sont ainsi rendu compte des difficultés du métier. Deux mercredis chaque mois depuis le début de l'année, ils travaillent des textes pour se former à la pratique du stand-up. C'est désormais une comédienne qui les coache pour la partie plus technique, comme la diction, après avoir suivi une série de cours avec Ivan Madonia. Il était de retour ce jour-là pour se rendre compte des progrès de ces jeunes qui ont dû apprendre par cœur ou écrire eux-même un texte. Un travail qui, au final, a dépassé le cadre scolaire.

«J'aimerais faire comédien. Je fais un peu tout le temps le clown à l'école», explique Khaled, 15 ans. Mais au moment de se lancer devant les profs et l'équipe de «20 minutes», il reconnaît que son «cœur fait boum boum». Pareil pour ses compères, intimidés par la présence d'inconnus dans une salle de classe. Après quelques hésitations et des répliques parfois trop peu audibles, les adolescents ont progressivement pris du plaisir à faire rire l'assistance. «Il faudrait un Superman pour les noirs. Il aurait pas des collants comme le blanc. C'est sûr, ce serait un sapeur congolais!», lance Stefano, lui-même à moitié camerounais.

Soutenus par un pro

Invité pour l'occasion, l'humoriste Jessie Kobel, 19 ans, est également venu assister aux répétitions et donner quelques conseils aux comiques en herbe. Le jeune homme, qui compte déjà trois ans de scène, n'a pas été avare en conseils. «Ne pensez pas trop à votre texte, mais plutôt à ce que vous voulez dire», a-t-il expliqué en préambule. Le trou de mémoire est en effet la grande angoisse des trois jeunes. Si ceux-ci ne sont pas encore parfaitement à l'aise, il leur reste deux mois pour travailler.