Lausanne

11 juillet 2019 13:02; Act: 11.07.2019 16:31 Print

Affaire Beaulieu: le procureur classe l'enquête

Le conseil de la Fondation de Beaulieu à Lausanne va déposer un recours contre le non-lieu décidé par le procureur vaudois.

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Le Conseil de Fondation de Beaulieu veut «mener l'instruction judiciaire à son terme». (Photo: Keystone)

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Après des mois d'enquête, les charges contre l'ex-secrétaire général de la Fondation de Beaulieu s'effondrent avec un non-lieu du procureur. Le Conseil de la Fondation persiste pourtant et recourt, alors que l'avocat souligne «le désaveu brutal» infligé aux autorités.

Dans un communiqué, le Conseil de Fondation a confirmé jeudi les informations données par «24 heures». Le procureur prononce un non-lieu dans cette affaire qui avait connu un fort retentissement.

Accusation tonitruante

Pour rappel, en décembre 2017, lors d'une conférence de presse menée par la présidente du Conseil d'Etat Nuria Gorrite, accompagnée notamment de son collègue Philippe Leuba et du syndic de Lausanne Grégoire Junod, des griefs graves avaient été mentionnés contre le secrétaire général de la fondation Marc Porchet.

Les soupçons étaient nombreux: surfacturation, dissimulation de la situation réelle, «micmac» dans les comptes ou, entre autres, mandats attribués à des membres de sa famille sans appels d'offres ou pièces justificatives.

Rien de pénal

«A ce stade, le procureur en charge de l'enquête conclut à l'absence de qualification pénale des actes incriminés. Il a de ce fait rendu une ordonnance de classement», reconnaît le Conseil de Fondation. Le procureur chargé de l'enquête est aujourd'hui à la retraite et n'a pas pu être joint.

Malgré ces mois d'enquête et une ordonnance de 80 pages, le conseil considère toutefois que l'enquête est «incomplète, qu'elle a été bouclée excessivement rapidement». Des soupçons auraient également été «laissés de côté».

Recours annoncé

Selon le conseil, des demandes d'auditions de personnes-clés pour la bonne compréhension de la situation à Beaulieu, à commencer par celle de son nouveau directeur, ont été refusées «pour des motifs non fondés».

Face à ces carences à ses yeux, la Fondation a annoncé le dépôt d'un recours. Il faut «mener l'instruction judiciaire à son terme» afin de parvenir à «une détermination en toute connaissance de cause», écrit-elle.

Colère de la défense

Interrogé par Keystone-ATS, Stefan Disch, avocat de Marc Porchet, réagit avec vigueur. «C?est particulièrement piquant de constater que le Conseil de Fondation reproche à une enquête de 16 mois, avec des auditions de tout le monde et l?examen de toute la documentation de Beaulieu, d?être incomplète».

«Et cela de la part de personnes qui ont dénoncé le secrétaire général et résilié séance tenante son mandat de 15 ans après un audit d?à peine trois mois et au cours duquel aucune des personnes-clés n?a été entendue.»

Stefan Disch poursuit: «c'est incroyable si l'on se souvient de l'extrême violence des accusations». Pour l'avocat, l'audit «n'a pas fait le job» tandis que l'enquête du procureur est «un énorme boulot». Il souligne que la fondation a pu «participer à tout, elle a pu se déterminer et s'exprimer sur tout depuis le départ».

Désaveu brutal

Cette ordonnance de classement pourrait signifier un vrai soulagement pour l'ancien secrétaire général. «Il est teinté de perplexité», relativise l'homme de loi en référence au recours. «Après ce désaveu brutal, ils vont essayer d'allumer de nouveaux feux. Leur attitude ne se modifie pas» malgré le non-lieu.

Pour mémoire, depuis cette crise, une nouvelle orientation a été donnée au site de Beaulieu. La fondation a été dissoute. Lausanne a mis sur pied une société anonyme et le canton de Vaud s'est retiré de l'affaire. Place notamment au Tribunal arbitral du sport et à l'école La Source dans ce lieu qui aura connu de nombreuses vicissitudes.

(nxp/ats)