Uni de Lausanne

12 avril 2019 20:31; Act: 12.04.2019 20:45 Print

Blackface: «Plus que maladroit, c'est stupide»

Des étudiants en médecine ont choisi de se déguiser en «Africains» pour illustrer le thème: «Que serions-nous, si nous n'avions pas fait médecine?»

storybild

Le blackface consiste à se déguiser en Africain. (Photo: DR)

Sur ce sujet
Une faute?

Vendredi matin, une partie des étudiants en 3e année de médecine de l'Université de Lausanne ont peu apprécié l'humour de leurs aînés. «Dans notre fac, nous avons une tradition. Les 5e année, qui viennent de terminer les cours théoriques et qui, donc, s'apprêtent à commencer leur formation pratique passent déguisés dans les auditoires, pour nous dire au revoir», explique une étudiante.

Pour l'occasion, les concernés ont choisi le thème: «Que serions-nous, si nous n'avions pas fait médecine?» Si, à la base, l'idée était de mettre en lumière les métiers dont rêvaient les uns et les autres dans leur enfance, quatre d'entre-eux ont pris le parti de se grimer en «Africains». «C'est ce qui s'appelle le blackface. Et, en soit, c'est déjà un acte raciste. Mais là, au vu du thème, c'est carrément malsain!» s'insurge l'étudiante.

«C'est une affaire d'étudiants»

Contactée, la responsable de la communication de l'Unil, Géraldine Falbriard considère que: «Si les faits sont avérés, plus encore que maladroit, c'est carrément stupide. Surtout que ces étudiants sont censés être des adultes, et pas des gamins. Mais il ne nous appartient pas de prendre position officiellement, car c'est une affaire d'étudiants exclusivement.»

Pour ce qui est de l'Association des étudiantes en médecine de Lausanne, on préfère aussi jouer la carte de la prudence. «Cette histoire est rapidement remontée jusqu'à nous. Mais, au vu du caractère délicat des questions liées au racisme, nous allons en parler tranquillement lundi, lors de la séance de notre comité. Là, nous déciderons s'il y a lieu de prendre des mesures», commente un responsable.

En outre, cet incident n'est pas sans relancer la question de la création d'un bureau contre le racisme, à l'image de celui qui existe pour l'égalité des sexes, au sein de la faculté de médecine.

(xfz)