Vaud

17 mai 2015 18:04; Act: 17.05.2015 19:27 Print

Cendres de bébés troquées à l'incinération

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Un couple lausannois qui a perdu son enfant est anéanti: les pompes funèbres lui ont sciemment remis les restes d’un autre mort.

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Cela faisait quinze ans qu’ils essayaient. Le 4 octobre 2014, le rêve de Pierre-Alain et Annie, couple résidant à Lausanne, se réalise enfin: ils ont un bébé. Leur joie sera de courte durée. «Après deux jours de vie aux HUG, mon ange s’en est allé», relève avec tristesse la maman. C’est dans ce contexte de deuil que, valeurs éthiques et prix modique en bandoulière, les pompes funèbres entrent en scène. Pour un forfait de 1500 francs, la structure propose de prendre en charge le corps du bébé prématuré.

Le 23 octobre, Pierre-Alain et Annie reçoivent une urne censée contenir les cendres de Salomon. «Symboliquement, nous avons voulu que l’inhumation se fasse le 6 janvier, jour prévu de la naissance», rappelle le père. Une fois au cimetière de Montoie, à Lausanne, la cérémonie d’adieu ne peut avoir lieu, car les parents n’ont pas reçu de certificat d’incinération. «C’est là que nous avons aussi appris que résidant à Lausanne, la crémation et l’inhumation de notre enfant étaient gratuites», enrage Pierre-Alain, chauffeur de bus aux TL. L’escalade dans l’horreur n’est pas terminée. Six jours après ces obsèques avortées, les parents découvrent que l’incinération du bébé n’a eu lieu que le 7 janvier à… Bienne. «C’est seulement le 19 janvier que cet affreux monsieur nous a envoyé par la poste les restes de notre enfant», s’indigne Pierre-Alain.

Le professionnel du deuil mis en cause a refusé de s’exprimer.