Prison pour mineurs

21 juin 2011 13:26; Act: 21.06.2011 13:36 Print

Crédit de 23,5 millions voté pour Palézieux

Le Grand Conseil vaudois a donné mardi son feu vert mardi à la construction de la première prison pour mineurs de Suisse romande à Palézieux (VD).

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Le Grand Conseil vaudois a accepté un crédit d'ouvrage de 23,5 millions. Le projet a facilement passé la rampe au vote final par 116 oui, six abstentions et deux non. La grande majorité des députés se sont montrés convaincus du caractère indispensable de cet établissement intercantonal pour mineurs de 10 à 18 ans, qui accueillera 36 détenus dans un premier temps.

Ce lieu apportera un encadrement éducatif important tout en maintenant les jeunes en détention. Il les aidera à revenir sur le bon chemin, a déclaré le libéral Pierre-Alain Mercier.

Béatrice Mettraux (Verts) a souligné la volonté d'accorder un traitement spécifique à chaque mineur. En outre, les jeunes en détention avant jugement seront strictement séparés de ceux purgeant leur peine.

Dérive sécuritaire

D'aucuns ont émis des doutes sur la légitimité d'un établissement pénitentiaire pour des enfants de dix ans, probablement surdimensionné. L'évaluation des besoins est basée sur des incertitudes et laisse songeur, a relevé la socialiste Claire Doepper Attinger.

Les cellules d'isolement risquent en outre de stimuler la rébellion des jeunes comme le montre la situation dans des établissements similaires en France. L'écologiste Raphaël Mahaim partage la crainte de créer un «Alcatraz pour mineurs». Mais selon lui, il serait encore pire d'envoyer des jeunes dans des prisons pour adultes.

Jean-Michel Dolivo (AGT) a déploré une «dérive sécuritaire». Les mineurs seront comme des loups dans des enclos, surveillés par 55 caméras, a-t-il déclaré. Ces moyens devraient plutôt être affectés à leur future réinsertion. Pour sa part, le libéral Philippe Vuillemin a insisté sur la mise en place d'instruments de contrôle, une fois la prison en fonction.

Réclamé depuis dix ans

Il faut voir la société telle qu'elle est et non pas telle qu'on voudrait qu'elle soit, a déclaré le conseiller d'Etat Philippe Leuba. Depuis 10 ans, les tribunaux, les milieux éducatifs ainsi que les cantons romands et le Tessin membres du concordat appellent de leurs voeux cet établissement. Qu'on le veuille ou non, des mineurs commettent des crimes, a-t-il relevé.

Le chef du Département de l'intérieur a notamment rappelé le cas du meurtre de Clarens (VD), un crime commis par un mineur, «parmi les plus sauvages qu'a connus le procureur en charge de l'affaire». L'établissement peut difficilement être comparé à un «Alcatraz»: «Aux Léchaires» comptera trois fois plus d'éducateurs et d'enseignants que d'agents de détention, a-t-il ajouté.

(ats)