Vaud

02 juillet 2018 09:01; Act: 02.07.2018 12:11 Print

Dans la nasse de la justice, accusé à tort d’homicide

par Christian Humbert - Mis en cause par un tiers dans le crime de Saint-Légier, un retraité ne s'en est toujours pas remis, un an après son interpellation.

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La police avait débarqué en force chez Roger pour l'interpeller. (image prétexte - 24 heures, O. Allenspach)

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«La route a été fermée. Des gendarmes encagoulés avec des chiens ont cerné la propriété. J’ai été menotté et emmené à Lausanne où on m’a détenu 24 heures. La ferme où je vis a été mise à sac. Des objets ont été cassés. J’ai été déshabillé et placé en cellule. Le lendemain, un inspecteur m’a déposé devant chez moi, sans mes papiers et sans mes clefs. J’ai été libéré sans excuses ni explications. C’est honteux d’être ainsi traité. J’ai perdu 11 kilos. J’en ai été malade.»

Roger, 72 ans, a été pris dans la nasse de la justice. Il a été mis en cause à tort par une connaissance, dans le cadre d’une enquête sur un assassinat. Le dénonciateur est celui qui avait découvert, en avril 2017, le cadavre d’une femme aux Monts-de-Corsier (VD), dissimulé dans un conteneur à eau abandonné. Un récipient que le quadragénaire avait affirmé avoir déjà vu chez Roger.

Le calomniateur a beau avoir été puni (lire encadré), l’affaire a laissé des traces: un an après son interpellation, le septuagénaire en est encore bouleversé. Il a eu pour 1500 fr. de factures de soins médicaux. Les seuls dédommagements touchés se montent à 800 francs, en plus de la prise en charge par l’Etat des 4656 francs de frais d’avocat pour sa défense. Mais il a payé 2000 francs à l’homme de loi pour le dépôt de la plainte pour diffamation. Il a aussi dû s’acquitter de 200 francs de droit de garde pour chacune des sept armes qu’il a récupérées. Et il a été condamné pour détention de marijuana. «Pour les copains, précise-t-il. Moi je ne fume pas.»