Vaud

08 avril 2016 07:00; Act: 10.04.2016 15:43 Print

Dénonciation pénale après un article négationniste

par Frédéric Nejad Toulami - Une organisation basée à Genève a saisi le Ministère public contre les responsables d’un journal, tenus pour antisémites.

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Johanne Gurfinkiel (à g.) dénonce les thèses de Claude Paschoud. (Photo: dr)

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Un article rédigé dans le périodique «Le Pamphlet», en janvier 2016, n’est pas passé inaperçu du côté de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad). Son auteur, Claude Paschoud, est responsable de ce journal avec son épouse Mariette.

Il rebondissait sur un fait survenu dans une école d’Aubonne (VD) en début d’année: un élève qui avait dévoilé en primeur la fin du scénario du dernier épisode de «Star Wars» avait été sévèrement sanctionné par un enseignant, dans un premier temps. Claude Paschoud faisait un parallèle «avec la manière dont sont traités les révisionnistes disciples du professeur Robert Faurisson (...) personne n'a pu démontrer au professeur Faurisson qu'il avait tort sur le fond, mais une législation ad hoc permet de l'incriminer, parce que la publication de ses recherches irrite des personnes, met en péril des intérêts financiers, heurte des sensibilités et, en outre, rend ridicules tous les historiens qui ont gobé sans y réfléchir des bobards dont on sait aujourd'hui l'impossibilité et les faux témoins qui ont affirmé pendant septante ans qu'ils avaient vu, de leurs yeux vu, des licornes vivantes et des pentagones à trois côtés (...) Faurisson est un méchant homme car il explique aux enfants que le Père Noël n’existe pas.» Et de conclure par: «Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire.»

«Cracher au visage de la Shoah»

Secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel est intraitable: «Avec le couple Paschoud, on a affaire à des auteurs qui utilisent leur périodique pour diffuser leurs nauséabondes thèses négationnistes.» Johanne Gurfinkiel insiste: «Minimiser ou nier un génocide dans le but de porter atteinte à la mémoire de la population juive, et d’une manière générale aux victimes du nazisme, ce n’est pas une opinion. Cracher au visage de la Shoah ne relève pas de la liberté d’expression! La base légale pour agir existe, à la justice de se déterminer.»