Aide d'urgence

22 février 2011 15:18; Act: 22.02.2011 15:24 Print

Des ONG lancent un appel à Philippe Leuba

Quatre ONG actives dans le domaine de l'asile invitent le chef du Département de l'intérieur à ne plus imposer le régime de l'aide d'urgence aux femmes, aux enfants et aux personnes vulnérables.

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Dans leur appel, les ONG demandent à Philippe Leuba (photo) d'intervenir auprès des autorités fédérales afin qu'une solution soit trouvée au niveau national. (Photo: Keystone)

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Le régime de l'aide d'urgence auquel sont soumis 800 requérants d'asile dans le canton de Vaud ne permet pas de vivre dans des conditions compatibles avec la dignité humaine. Il porte également atteinte à leur santé, ont souligné mardi Amnesty International (AI), l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), l'Observatoire du droit d'asile et des étrangers (ODAE) et Solidarités sans frontières.

Rester dans les logements

Le canton de Vaud ne dispose pas de suffisamment de place dans les foyers d'aide d'urgence. Le séjour dans les abris de protection civile est particulièrement malsain et peut provoquer des troubles de santé, relèvent les organisations.

C'est pourquoi les ONG demandent au conseiller d'Etat de maintenir les personnes vulnérables à l'aide sociale et dans leurs logements lorsqu'elles en disposent d'un. Il peut utiliser à cet effet la marge de manoeuvre que laisse la loi, soulignent-elles.

Les organisations souhaitent que le canton abandonne aussi immédiatement les nombreuses tracasseries administratives, telle que l'obligation d'établir régulièrement la preuve de son indigence ou de changer de lieu d'hébergement.

Impasse fédérale

Dans leur appel, les ONG demandent à Philippe Leuba d'intervenir auprès des autorités fédérales afin qu'une solution soit trouvée au niveau national «pour sortir de l'impasse». Seuls les grands cantons sont aujourd'hui en mesure d'ouvrir une brèche dans cette voie sans issue, relèvent-elles.

Début février, les quatre organisations ont lancé une campagne nationale pour rendre la population attentive à la situation précaire des personnes à l'aide d'urgence. Elles doivent vivre avec une somme variant entre 4,30 et 12 francs par jour, ont-elle dénoncé.

Ce régime qui coûte cher aux cantons ne permet pas d'atteindre son objectif principal de pousser les requérants d'asile déboutés à quitter le pays. L'opération des ONG prendra fin en juin 2011 avec la remise d'une pétition à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

(ats)